dagnot:chronique14.05
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| + | La ferme et le fief de Villarceau (1) (758-1638) | ||
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| + | Chronique du Vieux Marcoussy ------------------------------------------- _------------------ ---------mai 2008 | ||
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| + | Extrait du plan terrier dressé en 1781 avant son arrivée aux AD91. | ||
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| + | JP. Dagnot | ||
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| + | C. Julien | ||
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| + | Cette chronique commence l' | ||
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| + | Toponymie et antiquités de Villarceau | ||
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| + | L' | ||
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| + | Le microtoponyme Villarceau, « Villarcel , Vilarcel » dans les chartes, possède la même origine « villa ». Quelquefois légèrement déformé en Villerseaux, | ||
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| + | À maintes reprises, le roi Pépin le Bref ( Pippini, regem Francorum ) se montra très généreux envers les abbayes parisiennes et notamment avec l' | ||
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| + | Pour l' | ||
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| + | Donc, Villarceau à été de tout temps un centre d' | ||
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| + | Le nom de Villarceau apparaît à plusieurs reprises au début du XIIe siècle dans le Cartulaire du prieuré de Longpont. Vers 1090, Roger de Moressart lègue à la communauté monastique de Longpont 12 sols de cens à prendre sur les hostises qu'il possède à Villarceau « XI nummos de censu, in commutacionem hunius hospitis … apud Villarcel » . Cette libéralité est faite le même jour que celle de sa femme Ermengarde et son fils Philippe donnant une terre à Savigny chargée de 3 mines d' | ||
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| + | Vers 1100, Hermann, prêtre à Montlhéry, fait son testament et donne une vigne de son patrimoine à Villarceau « vineam suam, quam habebat apud Villarcel, dedit monachis | ||
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| + | Villarceau à la fin du Moyen Âge | ||
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| + | Nous ignorons le nom des propriétaires de Villarceau sous les règnes des Capétiens directs. Quelques documents nous informent de la situation juridique du domaine de Villarceau aux XIVe et XVe siècles. Comme celui rédigé sous Philippe le Bel, au lendemain de l' | ||
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| + | En 1314, Enguerrand de Marigny acquiert de Béraud de Mercœur les droits de justice sur plusieurs fiefs du sud parisien « Philippe par la grâce de Dieu Roy de France savoir faisons à tous présente et devenir que notre amé et féal homme et chambellan Enguerans sire de Marigny… de nous tenir et posséder à tous jours en la manière que nous les avions, tenons et possédons, c'est à sçavoir la haute, la moienne et la basse justice des lieux dessous nomez pareillement des villes de Locummel, de Champlant, de Villebon, de la Roche-lez-Palasel, | ||
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| + | Dès 1388, Jean de Montagu prend possession de Marcoussis et de tous les fiefs relevant de cette seigneurie. Dans sa mouvance se trouve la seigneurie de Nozay et La Ville-du-Bois dont Villarceau relève. Désormais, les seigneurs possédant le fief de Villarceau rendront foi et hommage à leur suzerain de Marcoussis. | ||
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| + | Le 26 mars 1410, Pierre de Marne, escuier, huissier d' | ||
| + | - de 90 arpens de terres arables, | ||
| + | - avecq la moitié aussi en indivis de 20 arpens de boys ou environ, | ||
| + | - 12 arpens de pré & pastis tout en une pièce, | ||
| + | assis au terroir de Villarceau en la paroisse de Villejust tenant d'une part à la terre de Lunesi et d' | ||
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| + | Pierre de Marne peut avoir pour père ou grand-père Adam de Marne qui fut, avec René Menet, un des seigneurs possédant un arrière-fief à Nozay vers 1386 dont Jehan de la Neufville rendant foi et hommage au seigneur de Marcoussis (cf. la chronique "Les arrière-fiefs de Nozay au Moyen Âge" | ||
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| + | Au XVe siècle, les terres de Marcoussis tombent dans les mains de la famille Malet de Graville quand Jean V Malet épouse Jacqueline de Montagu, veuve de Georges de Montbazon, sire de Craon. Le 19 octobre 1518, eurent lieu la prisée et le partage des biens de la succession de messire Loys de Graville. Dans un acte dressé quelques jours plus tard, nous trouvons : maison, trois arpens & 101 arpens 8 perches de part et d' | ||
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| + | Les Neufville seigneurs de Villarceau | ||
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| + | Début du XVIe siècle, Nicolas de Neufville devient seigneur de Villarceau. En 1523, une déclaration de bail à cens au chapitre de Linas pour la "haye Saint-Merry", | ||
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| + | Nous ne traiterons pas ici l' | ||
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| + | Généalogie de la famille de Neufville au XVIe siècle (d' | ||
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| + | Le 10 avril 1553, Nicolas de Neufville, chevalier, seigneur de Villeroy, secrétaire du roi en ses Conseils et trésorier de l' | ||
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| + | Le 11 août 1554, messire Jean de Neufville, seigneur de Chanteloup et du fief de Villevent rend foi et hommage à messire François Olivier, seigneur de Leuville, du fief de Villevant et ses dépendances situé en la paroisse de Villejust, tenant et mouvant dudit Messire de Neufville à cause de son fief de la Poitevine. En 1566, Jehan de Neuville, seigneur de Chanteloup, confesse avoir vendu une terre à Jehan Duboys, marchand « c'est à savoir un demy arpent au terroir de Villejust chantier dit des Villevents, tenant au seigneur de Chantelou ... ». En octobre 1574, Mathurin Haniard, laboureur demeurant à Villejust, vend à Jehan Duboys marchand un demi arpent de terre à Villejust chantier dit Villevent, tenant au seigneur de Chantelou et aux héritiers du président Dormy. Ce fief ne comporte plus à cette époque que des terres et des bois. | ||
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| + | Les fermiers et laboureurs au XVIe siècle | ||
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| + | Nous verrons plus en détail dans la suite que la ferme de Villarceau était très étendue sur le plateau de Nozay : plus de 500 arpents, soit plus du tiers de la superficie cultivable de la paroisse. A la Révolution, | ||
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| + | Le 6 novembre 1576, Jehan Ledourd laboureur demeurant à Villarceau, paroisse de Nozay, agit au nom et comme tuteur d' | ||
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| + | Trois ans plus tard, Marin Chastain (5), marchand demeurant à Villarceau, paroisse de Nozay, « comme soit disant et déclarant avoir les droits du seigneur de Chantelou | ||
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| + | Fin février 1580, Mathurin Breton, laboureur demeurant à Villejust confesse avoir vendu à Mainfroy Nepveu, laboureur demeurant à Chenanville, | ||
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| + | Le 5 juin 1584, Marin Chastain, marchand reconnaît avoir fait des comptes avec deffunt Claude Jarlier en son vivant, secrétaire et entremetteur de Messire Jean de Neuville, chevalier, seigneur de Chantelou, Bouconvillier, | ||
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| + | À l' | ||
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| + | Le 12 novembre 1585, Claude Petit, laboureur demeurant à Villarceau, paroisse de Nozay passe un bail « c'est à savoir cent bestes à laynes tant malles que femelles » avec conditions de garde, nourriture et décès ; lequel confesse avoir retenu à titre de bail de haut et puissant seigneur Messire Jehan de Neufville, chevallier seigneur de Chantelou & Bouconvilliers, | ||
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| + | En mai 1592, il semble que Gabriel Leboucher, curé de Villejust y demeurant, soit procureur du seigneur de Villarceau. Le prêtre confesse « avoir ceddé et transporté à Michel Musnyer laboureur demeurant audit Villejust, le droit de bail à loyer fait par le seigneur de Chantelou d'une ferme & mestairie audit seigneur appartenant assis audit Villejust qui se consiste de maison manable, granche, estables couverts de thuille & chaulme, cour, jardin, terres labourables et trois arpens de pré audit Villejust et ses environs selon que le ceddant a dit estre du bail prcédédent par devant Claude Dauvergne, notaire royal, à Chastres ledit ceddant a dit pour neuf années moyennant six vingt escus d'or sol » . Des conditions spéciales concernent le « coulombier de ladite ferme » où sont logées deux douzaines de pigeonneaux. Le contrat mentionne également la possibilité de diminution du bail « en cas de perthes notoires soit par guerre ou autre » et l' | ||
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| + | La succession de Jean de Neuville | ||
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| + | En 1593, Jehan de Neufville, seigneur de Chanteloup, est « maître d' | ||
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| + | Jehan de Neufville décède le 22 septembre 1597 à l'âge de 70 ans et fut inhumé en l' | ||
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| + | Le 31 décembre 1597, la réunion de famille comprend noble homme Christophe-Auguste de Thou, gentilhomme ordinaire de la chambre du roy, grand maistre des eaux & forest de France, seigneur du Plessis, comme père & légitime administrateur des personnes & biens d' | ||
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| + | Nous savions que Villarceau était un fief mouvant de Marcoussis. Tous les actes notariés font référence au seigneur de Chanteloup, comme l'acte de 1603, concernant un bail à rente à Villejust d'une pièce de terre « attenant au seigneur de Chantelou | ||
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| + | Par devant deux notaires parisiens, la succession d'Anne de Neufville est liquidée par ses enfants le 6 mars 1620 sous la forme d'une donation entre vifs. Augustin de Thou donne à sa soeur Anne de Thou, femme de François de Savary, divers fiefs dont Chanteloup et les fermes de Villarceaux & Villejust. C'est une donation entre vif irrévocable « Augustin de Thou à présent en la ville de Rome donne à sa soeur, femme du sieur de Bresnes, les lieux & fiefs de la fosse à Estampes, ....., Chanteloup, item les fiefs terres ou ferme de Cresne, Villeconin, Saint-Vrain, | ||
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| + | En décembre 1629, le seigneur de Chanteloup passe un aveu et dénombrement devant Jacques Vacher, notaire royal à Montlhéry, pour son fief de Villarceau. Le 9 février 1631, Anne de Thou fait donation du fief de Villarceau à son fils Cosme Savary. L'acte est passé devant deux notaires à Paris. Le 15 mai suivant, Cosme Savary fait son devoir féodal et rend foy et hommage à Messire Jérôme Le Maître, seigneur de Bellejame et Guillerville à cause de son fief de Villejust mouvant de Guillerville. | ||
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| + | Finalement, Villarceau change de propriétaire, | ||
| + | - la maison et fief de Villarceau consistant en trois espaces, cour, grange et autres lieux, parties couvertes de thuilles et l' | ||
| + | - neuf arpens de patis et garenne, situés derrière ladite maison, | ||
| + | - quatorze arpens de bois taillis, tenant à ladite maison et auxdits neuf arpens, | ||
| + | - le fief & mazure de Vilvan situé près ledit Villarceau et les censives et droits seigneuriaux dépendant desdits fiefs, | ||
| + | - trois arpens au gros chesne Poitevine, | ||
| + | -....., | ||
| + | - 26 arpens à la grande mare de Vilarceau, | ||
| + | - 31 arpens où soulloit est le moulin à vent , tenant d'une part au clos de ladite maison,, d' | ||
| + | - 32 arpents en hache au dessous dudit moulin à vent , tenant d'une part audit chemin de Nozay d' | ||
| + | Ledit fief de Villarceau relevant du seigneur de Marcoussis et celui de Villevant du seigneur de Leuville. Une autre description de Villarceau cite « un fournyl, une bergerie et la quantité de six vingt treize arpents de terres labourables | ||
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| + | Fin de la première partie. À suivre. | ||
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| + | Notes | ||
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| + | (1) Bien que certains écrits attribuent la ferme de Villarceau comme bien templier, aucun document ne renseigne sur cet aspect. | ||
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| + | (2) Enguerrand de Marigny (vers 1260-1315) était chambellan et ministre du roi Philippe IV le Bel. Homme cultivé, courtisan adroit, il eut toute la confiance du roi. Après l' | ||
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| + | (3) Après l' | ||
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| + | (4) La branche orléanaise des Neufville a produit une noblesse de robe au service de l' | ||
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| + | (5) Nous optons pour « Chastain | ||
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| + | (6) Nous pouvons remarquer le degré dans les titres sous l' | ||
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| + | (7) Il y a un désaccord entre le Père Anselme et l' | ||
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| + | (8) La famille de Thou (l'une des plus célèbres familles du XVIe siècle) d' | ||
