dagnot:chronique39.06
Différences
Ci-dessous, les différences entre deux révisions de la page.
| Prochaine révision | Révision précédente | ||
| dagnot:chronique39.06 [2020/11/12 05:14] – créée bg | dagnot:chronique39.06 [2020/11/12 05:15] (Version actuelle) – bg | ||
|---|---|---|---|
| Ligne 1: | Ligne 1: | ||
| + | Page en chantier | ||
| + | ---- | ||
| + | Le prieuré Notre-Dame de Longpont (IV). Chartes relatives au Gâtinais | ||
| + | |||
| + | Chronique du Vieux Marcoussy ----------------------------------------------------------------------Janvier 2010 | ||
| + | |||
| + | mmm---------------------- _------------------------------ | ||
| + | C.Julien | ||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | Cette chronique est la quatrième de la série des textes qui présentent les chartes du prieuré Notre-Dame de Longpont « ecclesia sancte Marie de Longo Ponte » dont certaines sont inédites. Il s'agit d' | ||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | Les possessions du Gâtinais | ||
| + | |||
| + | Les quatre chartes exposées dans cette partie sont relatives à des donations de biens situés dans le Gâtinais septentrional. En effet, les moines de Longpont ont reçu de nombreuses libéralités de la part des nobles de Milly et des environs. Ce sont par ordre chronologique : | ||
| + | |||
| + | dès 1064, du temps du prieur Robert, Gautier Castel et Sanceline, sa femme, donnèrent le moulin de Crochet « molendinum de Crocheto | ||
| + | |||
| + | au commencement du XIIe siècle, Tescelin, fils de Foulques de Buno approuva la donation faite par le vicomte Aymon, de deux arpents de prés à Buno-Bonnevaux (charte LXXV du premier cartulaire ). | ||
| + | vers 1175, Guillaume de Milly, prenant le froc de moine à Longpont, constitue sa dot en léguant une terre dans laquelle est située la maison de Milly, un pré et une vigne. Ce bien deviendra un prieuré secondaire du réseau région dont Longpont était le chef (charte XVIII du premier cartulaire). | ||
| + | en 1201, Adèle de Champagne, reine-mère dont la prévôté de Melun constitue son douaire donne une lettre relative à une quittance reçue par l' | ||
| + | |||
| + | Bien d' | ||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | Le legs de la famille Le Riche | ||
| + | |||
| + | La première charte concerne le legs de biens immobiliers et de droits féodaux qui étaient dans le patrimoine d'une demoiselle Le Riche dont les ancêtres étaient implantés à Etampes « apud Stampas | ||
| + | |||
| + | Voici la charte transcrite par Jules Marion sous le numéro CCCXIII. | ||
| + | |||
| + | « Gualterius Castellus & Sancelina, uxor ejus, ex cujus patrimonio erat, dederunt Deo & sancte Marie de Longo Ponte, & monachis ejusdem loci, hoc quod habebant apud Stampas, in alodio Ursi Divitis, patris Theudonis, videlicet octavam partem tocius terre, culte & inculte, nemoris, hospitum, census, paagii, roagii, molendini de Crocheto. Hujus autem doni ita facti audientes & videntes testes sunt hii: idem Galterius & eadem Sancelina, qui donum fecerunt; Robertus, prior; Ansoldus ; Mainerius; Lucianus; Arembertus; Joslenus; Balduinus; Salomon; Heinricus; Bernardus; Joslenus | ||
| + | |||
| + | Bien qu' | ||
| + | |||
| + | Les donateurs sont Gautier Château et sa femme Sanceline. Comme il est d' | ||
| + | |||
| + | Les membres de la famille Le Riche sont cités parmi les seigneurs depuis le VIIe dans la région parisienne avec des origines franques : mérovingiennes et carolingiennes (1) . Dans ses multiples études de cartulaires, | ||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | La famille Château était essentiellement possessionnée à Orsay. Plusieurs chartes concernent des libéralités pieuses faites au prieuré de ces seigneurs. Gautier est un familier du monastère de Longpont. Nous le trouvons témoin de la charte XLVIII, vers 1070, quand Guy 1er de Montlhéry, devenu veuf, prend les habits de moine à Longpont en donnant le moulin de Grotteau. Le plus prestigieux de la famille Château est Milon qui, sur ses vieux jours « abandonna le siècle pour prier à Longpont | ||
| + | |||
| + | Le scribe de Longpont ne précise pas le lien de parenté entre Sanceline et Ours le Riche. Ce dernier est qualifié « patris Theudonis | ||
| + | |||
| + | Parmi les présents lors de la cérémonie de donation à l' | ||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | Le pré de Buno-Bonnevaux | ||
| + | |||
| + | La seconde charte qui nous concerne a pour objet la confirmation d'un legs de deux arpents de prés à Buno-Bonnevaux donné vers 1100. En nommant Foulques de Buno, le scribe mentionne le hameau de « Bunum », autrefois Buno-Château, | ||
| + | |||
| + | La charte LXXV transcrite par Marion est assez courte. | ||
| + | |||
| + | « Tescelinus, filius Fulconis de Buno, concessit Deo & sancte Marie de Longo Ponte, & monachis ejusdem loci, duos arpennos pratorum, quos Aymo, vicecomes, patruus suus, predictis monachis dederat, & in manu Heinrici, prioris, donum misit, apud Montem Lethericum. Quod viderunt & audierunt hii testes : Burchardus de Maci ; Sultanus, filius ejus ; Milo de Linais ; Guido Pinellus ; Hugo Guirredus ; Rogerius, cognomento Paganus, de Sancto Yonio ; Hugo Chamilli | ||
| + | |||
| + | Ce qui peut être traduire par : « Tescelin, fils de Foulques de Buno consentit à Dieu, à Sainte Marie de Longpont et aux moines de ce lieu, deux arpents de prés que le vicomte Aymon, leur père donna aux susdits moines. Il déposa cet acte dans la main du prieur Henri, à Montlhéry. les témoins qui ont vu et entendu cela : Bouchard de Massy ; Sultan, son fils ; Milon de Linas ; Gui Pinel ; Hugues Guirredus ; Roger de Saint-Yon, surnommé Payen et Hugues Chamilli». | ||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | Le legs est fait comme toujours pour le salut du donateur, en l' | ||
| + | |||
| + | En ce qui concerne la charte de Tescelin, l'acte fut reçu par le prieur Henri dans l' | ||
| + | |||
| + | Le bien donné est fort modeste : un pré de deux arpents sur la rive droite de l' | ||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | Le prieuré Saint-Laurent de Milly | ||
| + | |||
| + | Positionnons-nous en 1175, l' | ||
| + | |||
| + | L'acte est donné par la charte XVIII du Cartulaire (I) transcrite par Marion. | ||
| + | |||
| + | « Guillelmus de Milliaco, filius Johannis de Cosenciis, nepos autem Rainaudi, decani de Milly, apud sanctam Mariam de Longo Ponte monachicum habitum suscipiens, dedit eidem ecclesie terram, in qua domus de Milliaco sita est, & pratum & vineam que domui adjacent ; concedentibus fratribus suis, Balduino & Pagano, & sororibus suis ; concedente & Philippo, de cujus feodo movebat. Laurentius autem, monachus noster, qui domum ipsam fundavit & in ea multum laboravit, ab eodem Philippo feodum pro XL a solidis comparavit ; concedente Guillelmo de Milliaco, de quo Philippus tenebat. Ad hoc suerunt : Oddo, miles, de Monte Sancti Petri ; Guido Nanterius, miles ; Teodericus, major ; Gaufredus Anglicus | ||
| + | |||
| + | «Guillaume de Milly, fils de Jean de Courances, neveu de Renaud, doyen de Milly, prenant les habits de moine à Sainte-Marie de Longpont, donna à cette église une terre dans laquelle est située la maison de Milly, un pré et une vigne qui sont contigus à la maison. Ses frères Baudouin et Payen, et leurs sœurs concédèrent ce don. Est aussi d' | ||
| + | |||
| + | Il semble que Jules Marion ait fait une erreur en datant la charte vers 1136. Nous pouvons penser que le jeune Guillaume était un novice encore adolescent, disons qu'il était âgé de 15 ans au plus. Il est couramment admis que Guillaume de Milly prit les habits de moine à Longpont en 1175. C' | ||
| + | |||
| + | La charte XVIII du prieuré de Longpont nomme directement Guillaume de Milly, fils de Jean de Courances, neveu de Renaud, doyen de Milly, prenant les habits de moine à Sainte-Marie de Longpont « Guillelmus de Milliaco, filius Johannis de Cosenciis, nepos autem Rainaudi, decani de Milliaco, apud sanctam Mariam de Longo Ponte monachicum habitum suscipiens ». Sa dot comprend une terre dans laquelle est située la maison de Milly , un pré et une vigne qui sont contigus à la maison « terram, in qua domus de Milliaco sita est, et pratum et vineam que domui adjacent | ||
| + | |||
| + | Cette charte est riche d' | ||
| + | |||
| + | La seconde leçon de la charte est la donation de la maison de Milly construite par le moine Laurent. Comme décrit dans la Bibliotheca Cluniasensis pour les titres du prieuré de Longpont « in archiepiscopatu Senonensi, prioratus S. Laurentii prope Milliacum | ||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | Quittance de la créance du prieuré de Longpont | ||
| + | |||
| + | Sous le titre Littere super quitatione facta ecclesie Longipontis a Salomone judeo , un acte portant le sceau d' | ||
| + | |||
| + | Cette charte a été transcrite et publiée en 1909 par Henri Omont, sous le titre, Chartes inédites de rois de France (1140-1207) , dans le Bulletin de la Société de l' | ||
| + | |||
| + | Voici le texte du folio 31v° du Cartulaire (II) | ||
| + | |||
| + | « Adela, Dei gratia Francorum regina. Noverint universi et singuli qui presentes litteras viderint vel audierint, quod Salomon et Saleminus, nepos et gener ejus, judei nostri, et Judeola, judea nostra, coram nobis quittaverunt domum et prioratum de Longoponte de omnibus querelis et de omnibus debitis et de omnibus plegiationibus que eis debuerat usque ad diem illum in quo presentes littere facte fuerunt. Quod ut firmum sit et ratum, et ne dictus prioratus per aliam calumpniam seu per aliquas litteras super hoc aliquatenus vexetur, nec aliquod dampnum sortiatur, presentem paginam sigilli nostri auctoritate fecimus communiri. Actum Parisius, apud domum Templi, anno Domini M°CC°, pridie kalendas marcii ». | ||
| + | |||
| + | La traduction du texte latin peut-être la suivante : | ||
| + | |||
| + | « Adèle reine des Francs par la grâce de Dieu. Que sachent tous et chacun qui auront lu ou entendu parler des présentes lettres: qu'en notre présence, nos juifs Salomon et Salemin, son neveu et gendre, ainsi que Judith, notre juive, ont donné quittance à la communauté et prieuré de Longpont de toutes les plaintes, de toutes les dettes et de tous les gage-plèges qu'ils leur étaient dus jusqu' | ||
| + | |||
| + | « Et pour que cela soit solidement établi, et que ledit prieuré ne soit pas accusé faussement à n' | ||
| + | |||
| + | « Fait à Paris à la maison du Temple, l'an du Seigneur 1200 [1201, nouveau style], la veille des calendes de mars ». | ||
| + | |||
| + | Les lettres sont dictées par la reine Adèle de Champagne, troisième épouse de feu Louis VII le Jeune. Nous apprenons que le prieuré de Longpont avait une créance envers Salomon et son neveu Salemin marié à Judith, venant semble-t-il d'un emprunt fait par les moines. Ceux-ci s' | ||
| + | |||
| + | Plusieurs questions, auxquelles nous allons tenter de répondre, sont posées à propos de cette charte latine : | ||
| + | |||
| + | • quelle est la raison de l' | ||
| + | |||
| + | • quel est l' | ||
| + | |||
| + | • qui sont les créanciers ? | ||
| + | |||
| + | Adèle de Champagne résidait à Melun « apud Meledunum, in regia domo » en mars 1191 quand elle apposa son sceau sur un acte en faveur de l' | ||
| + | |||
| + | Ainsi, Adèle de Champagne intervenait dans toutes les localités qui relevaient de son douaire, partie du patrimoine familial. Le douaire avait été constitué par Louis VII à sa nouvelle épouse, le jour de ses noces en 1160 (6). En 1191, Adèle fit pression sur Guillaume IV de Garlande, seigneur de Livry, pour qu'il abandonne sa lutte contre les moines de Saint-Martin à propos des essarts de l' | ||
| + | |||
| + | Il est donc naturel de voir la reine accueillir l' | ||
| + | |||
| + | Bien que l'une des premières décisions de politique intérieure de Philippe Auguste ait été l' | ||
| + | |||
| + | Une autre charte du prieuré parisien nous montre que la reine-douairière, | ||
| + | |||
| + | À suivre… | ||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | |||
| + | Notes | ||
| + | |||
| + | (1) Un répertoire généalogique de la famille Le Riche peut être consulté sur le site : http:// | ||
| + | |||
| + | (2) J. Depoin, Recueil de Chartes et Documents de Saint-Martin de Champs (Jouve et Cie, éditeurs, Paris, 1912). Depoin fut le précurseur de la prosopographie , science de la rémanence de l' | ||
| + | |||
| + | (3) Le prieuré de Longpont avait reçu un important vignoble à Chailly-en-Bière dont le roi Louis VI le Gros avait rétrocédé les droits féodaux vers 1100. | ||
| + | |||
| + | (4) Adèle de Champagne, reine de France, troisième femme de Louis VII le Jeune est née vers 1140, du légitime mariage de Thibaut IV le Grand, comte de Champagne et de Blois, et de Mathide de Carinthie. Elle était la petite-fille de Guillaume le Conquérant. Elle fut la sœur de Henri 1er le Libéral, comte de Champagne, Thibaut V, comte de Blois et de Chartres, Guillaumes aux Blanches Mains, archevêque de Reims, Etienne, comte de Sancerre, Marguerite, abbesse de Fontevraud, Agnès de Blois, comtesse de Bar et Marie de Blois, duchesse de Bourgogne. Elle décéda à Paris le 13 juin 1206. | ||
| + | |||
| + | (5) H. Omont, Chartes inédites de rois de France (1140-1207) , in Bulletin de la Société de l' | ||
| + | |||
| + | (6) G. Estournet, La Ferté-Alais, | ||
| + | |||
| + | (7 ) D' | ||
| + | |||
| + | (8) En 1190, à York, une fois les Juifs tués, les assaillants se rendirent à la cathédrale et y brûlèrent toutes les reconnaissances de dette. Les Juifs avaient disparu, mais peut-être plus important, les preuves de l' | ||
