hn:hn.jm.alliot.1899a
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| hn:hn.jm.alliot.1899a [2023/08/02 02:03] – [TABLE DES NOMS DE PERSONNES] bg | hn:hn.jm.alliot.1899a [2023/08/02 05:12] (Version actuelle) – bg | ||
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| + | ======Histoire de l' | ||
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| + | * // | ||
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| + | {{ : | ||
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| + | =====Titre===== | ||
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| + | HISTOIRE DE L' | ||
| + | DE NOTRE-DAME D' | ||
| + | (au diocèse actuel de Versailles) | ||
| + | |||
| + | |||
| + | PAR | ||
| + | l' | ||
| + | CURÉ BE BIÈVRES. | ||
| + | |||
| + | |||
| + | PARIS | ||
| + | LIBRAIRIE ALPHONSE PICARD | ||
| + | 82, RUE BONAPARTE, 82 | ||
| + | 1899 | ||
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| + | |||
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| + | =====Dédicace===== | ||
| + | |||
| + | * À Madame la Comtesse CAMILLE DU BOURG\\ | ||
| + | * née MARIE-ALEXANDRINE DE LA MARQUE | ||
| + | |||
| + | |||
| + | * //Madame la Comtesse,// | ||
| + | |||
| + | * //Ce petit volume , dont je vous prie d' | ||
| + | * //Il sera pour vous, je l' | ||
| + | * //Vous trouverez dans ces pages, à côté de quelques traits de la faiblesse humaine, de remarquables |**x** exemples de vertus pratiquées durant sept siècles par un nombre considérable de femmes, sorties de tous les rangs de la société. Puissent mes récits charmer vos loisirs, animer votre vie de retraite, et donner un aliment à votre piété.// | ||
| + | * //Ils vous diront, dans tous les cas, le constant souvenir et le respect grandissant avec les années, dont je vous prie d' | ||
| + | |||
| + | * J.-M. ALLIOT. |**xi** | ||
| + | |||
| + | |||
| + | =====Préface===== | ||
| + | |||
| + | * **I** | ||
| + | |||
| + | * L'// | ||
| + | * Trois sources principales de documents, nous ont fourni les matériaux de ce travail: 1° Le // | ||
| + | * Nous nous contenterons de ces indications sommaires, afin d' | ||
| + | * Pour les imiter, nous aurions pu dire, en citant le Cartulaire, Ms LL //1599// B //des Archives Nationales//; | ||
| + | * La multiplicité des notes au bas des pages a toujours le très grave inconvénient de gêner l' | ||
| + | * D' | ||
| + | |||
| + | * **II.** | ||
| + | |||
| + | * On nous a demandé maintes fois pourquoi nous attacher de préférence à décrire l' | ||
| + | * On n' | ||
| + | * Pour écrire l' | ||
| + | * Et puis, quel charme mélancolique, | ||
| + | * Mais dira-t-on, ce qu'on reproche à vos histoires monastiques, | ||
| + | |||
| + | * **III** | ||
| + | |||
| + | * Il nous faut enfin répondre à un dernier reproche, qui nous a été adressé au sujet de notre //Histoire de l' | ||
| + | * Nous avons lu beaucoup d' | ||
| + | |||
| + | * Souhaitons maintenant à ce nouveau volume le même succès qu'à son prédécesseur. Malgré les critiques dont il a été l' | ||
| + | |||
| + | ---- | ||
| + | |||
| + | {{ : | ||
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| + | ---- | ||
| + | ======HISTOIRE DE L' | ||
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| + | =====Chapitre premier. Hildearde de Senlis (1132-1155)===== | ||
| + | |||
| + | //Origine de l' | ||
| + | |||
| + | * Dans la première moitié du XIIIe siècle, vers l'an 1130, des religieuses, | ||
| + | * Une grande dame de cette époque leur servit de protectrice à toutes. Engagée deux fois dans les liens du mariage, Eustachie de Corbeil ((**Note d' | ||
| + | * Elle possédait une maison et un petit domaine dans la vallée |**3** arrosée par la rivière d' | ||
| + | * Un petit oratoire indispensable à toute fondation religieuse, et quelques abris en planches furent élevés à la hâte, et servirent d' | ||
| + | * Grâce au zèle d' | ||
| + | * Celle-ci avait bien pu donner un abri matériel à ses filles de prédilection; | ||
| + | * Tout d' | ||
| + | * En fondant ce nouveau monastère, Étienne de Senlis, — c'est lui-même qui le dit, — craignant la fragilité du sexe féminin, imposa une règle que, par les conseils de son frère Guillaume ((**Note d' | ||
| + | * Un point de la règle sanctionnée par Étienne de Senlis est venu jusqu' | ||
| + | * On voit par là que les moniales n' | ||
| + | * Après avoir pourvu au spirituel, l' | ||
| + | * Son exemple eut bientôt de nombreux et puissants imitateurs. | ||
| + | * Au premier rang nous trouvons le roi Louis VI, qui, dès le mois d' | ||
| + | * Peu de temps après (1143), il leur donna la dîme de tout le |**6** pain qui serait consommé dans son hôtel durant le séjour de la cour à Paris. Cette libéralité, | ||
| + | * Fondée par une pieuse bienfaitrice, | ||
| + | * Hildearde, placée à la tête du nouvel établissement, | ||
| + | * Pour faire vivre cette communauté sans cesse grandissante, | ||
| + | * Au premier rang dans l' | ||
| + | * Non moins généreuse se montra Adeline //de Latiniaco// — que //M. Sainte-Marie Mévil// ((**Note d' | ||
| + | * Combien longue serait la liste de tous ceux qui se dépouillèrent de leurs biens en faveur des servantes du Christ, si nous devions la faire complète! | ||
| + | * Bornons-nous aux offrandes qui ont laissé une trace plus profonde dans l' | ||
| + | * Ici la première place appartient sans contredit à Hugues de Valenton et à sa fille Eremburge. Tous deux ils forment le premier anneau de cette longue chaîne qui se déroulera presque sans interruption, | ||
| + | * Eremburge de Valenton était arrivée à l'âge nubile; un riche parti s' | ||
| + | * Cette jeune recrue ne devait pas tarder à s' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Il en est de même d'Odon Briard qui, suivi de ses trois frères: Josbert, Hugues et Gautier, fait entrer d'un seul coup toutes ses filles au monastère, les confie à l' | ||
| + | * Guy de Garlande, à son tour, présente, non pas sa fille, mais sa sœur, qu'il voue à Dieu, et donne en sa faveur toutes les vignes que lui et sa femme Halvide possèdent à Combs-la-Ville ((**Note d' | ||
| + | * Toutefois aucun des bienfaiteurs de la première heure n' | ||
| + | * Ils firent plus: eux-mêmes prirent rang parmi les bienfaiteurs du couvent déjà si largement doté par leur mère. Car Ancel abandonna aux religieuses une grande terre qu'il possédait au Ménil-Racoin. Les moniales, on s'en souvient, y avaient déjà un établissement; | ||
| + | * Ces pieuses libéralités de la famille d' | ||
| + | * Celui-ci, durant les six ans écoulés, depuis la fondation du couvent, avait travaillé avec persévérance à son accroissement. Il y venait quelquefois et s' | ||
| + | * Enregistrons encore à l' | ||
| + | * Des chevaliers de la région (// | ||
| + | * Ainsi pourvue de biens considérables, | ||
| + | * Le dernier surtout, Pierre le Boutellier, qui occupa le siège de Senlis de 1134 à 1151, professait pour Hildearde et sa maison une admiration enthousiaste, | ||
| + | * Une abbaye de bénédictines existait aux portes de la ville de Senlis. Elle était placée sous le vocable de Saint-Rémi. Le prélat, mécontent du relâchement qui y régnait, donna le monastère tout entier avec tous ses biens, à Hildearde, pour en faire un simple prieuré de son abbaye; et l' | ||
| + | * Tout prospérait à l' | ||
| + | * Nous venons de dire que les moniales de Saint-Rémi de Senlis avaient été placées sous la dépendance de l' | ||
| + | * C' | ||
| + | * Ces ressources venaient à point pour aider l' | ||
| + | * Dans l'aire même du couvent, s' | ||
| + | * À sa tête était placé Guillaume d' | ||
| + | * Enfin au fond de l' | ||
| + | * Au milieu de tous ces travaux et des préoccupations incessantes qui en étaient la suite, Hildearde fut constamment soutenue par la fidèle Eustachie de Corbeil. Celle-ci devint veuve pour la seconde fois vers 1141. Après le décès de Jean d' | ||
| + | * Elle avait été précédée dans la tombe par son associé dans la fondation du couvent. Étienne de Senlis était mort en 1142, après avoir prodigué à Hildearde et à ses filles une sollicitude vraiment paternelle. Son successeur Thibaut ((**Note d' | ||
| + | * Hildearde, à son tour, sentit ses forces décroître. Encore dans la force de l' | ||
| + | * Ses filles reconnaissantes couchèrent sa dépouille mortelle près de celle d' | ||
| + | * L'un des moines du prieuré de Saint-Nicolas, | ||
| + | * //Peracto cursu hujus vitœ, migravit ad Christum, Hildeardis, sanctæ recordationis mater, prima Abbatissa Hederensis ecclesiæ, vigesimo quinto anno nativitatis suœ, divina providente clementia, impregnata de sancta Sancti Spiritus gratia, circiter viginti et tres annos elaboravit, parturiendo et enutriendo filias Jerusalem in tabernaculo castitatis, cujus anima, inter angelorum agmina sublevatur et lætatur cum Beatis//. | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre II. Clémence Loup (1155-1180)===== | ||
| + | |||
| + | //Clémence Loup ou //le Loup//. — Construction du cloître. — Les moniales. — Recrutement et organisation. — Vie des religieuses. — La chevecerie de Notre-Dame de Paris. — Nombreuses aumônes. — Privilèges accordés par le pape. — Les familles de Corbeil, Briard et de Garlande. — Hugues le Loup. — Saint-Pierre de Tarentaise. — Maurice de Sully. — Son dévouement à l' | ||
| + | |||
| + | * La succession d' | ||
| + | * Le couvent devenait chaque jour plus nombreux, et les soins à lui donner plus importants. Eustachie de Corbeil, on s'en souvient, avait ouvert un abri plutôt que bâti un établissement solide à nos bénédictines. Hildearde, durant son abbatiat, s' | ||
| + | * Au moment où Clémence prit la crosse, l' | ||
| + | * Aucun âge n'est requis pour entrer au monastère, aucun |**18** âge n'en est exclus; car on y voit des enfants, des adolescentes, | ||
| + | * Celle-ci est aidée dans le gouvernement de la maison par la // | ||
| + | * Toutes les religieuses, | ||
| + | * La vie des moniales est partagée entre la prière et le travail des mains. | ||
| + | * Les exercices religieux comprennent: | ||
| + | * Le travail des mains est fort en honneur à l' | ||
| + | * Notons encore que la règle empruntée en grande partie à Citeaux était très sévère. Les jeûnes y étaient fréquents; la discipline et les autres mortifications corporelles d'une pratique presque quotidienne; | ||
| + | * C'est à une communauté ainsi organisée que préside Clémence le Loup. Aidée dans les choses extérieures par son frère Hugues, l'un des familiers de l' | ||
| + | * Le roi de France, Louis VII, si bienveillant pour Hildearde, n'est pas moins favorablement disposé pour Clémence. En 1157, à la mort de Thibaut, évêque de Paris, certains revenus de l' | ||
| + | * Pour ne pas profiter des biens de l' | ||
| + | * Clémence trouva aussi un précieux concours parmi les religieux ses contemporains. Nous avons déjà nommé les moines de Saint-Victor, | ||
| + | * Les évêques n' | ||
| + | * Toutefois une plus haute protection, celle du Souverain Pontife, avait semblé nécessaire à l' | ||
| + | * Quelques années plus tard, le successeur d' | ||
| + | * Les noms de tous ces grands personnages ne doivent pas nous faire oublier le rôle moins retentissant, | ||
| + | * C'est d' | ||
| + | * Combien elle est admirable cette nombreuse famille de Corbeil! | ||
| + | * Divisée en plusieurs branches, dont les principales sont celles de Corbeil et celle du Donjon, elle fut, pendant cent cinquante ans, la providence vivante des religieuses d' | ||
| + | * Ce sont ensuite les noms d' | ||
| + | * Si grande que fut sa sollicitude pour les choses temporelles, | ||
| + | * Le zèle déployé par Clémence fut récompensé par les faveurs du ciel. D' | ||
| + | * Hugues le Loup fit encore d' | ||
| + | * L'un des plus notables évènements de l' | ||
| + | * Mais personne n'a droit à plus de gratitude et de reconnaissance de la part des Bénédictines d' Yerres, que Maurice de Sully, la gloire de l' | ||
| + | * Cependant les premiers rapports du nouvel évêque avec le monastère furent empreints d'une certaine réserve, même de Quelque froideur. Une double cause avait produit ce malaise. Les droits de chevecerie exercés par l' | ||
| + | * Dès le début de son épiscopat, il montra un zèle éclairé pour l' | ||
| + | * Hugues de la Force (de Robore) possédait la moitié de ce moulin, qu'il donna au monastère, de l'aveu d' | ||
| + | * Même intervention bienveillante de la part de Maurice de Sully, pour concilier un différend, survenu entre l'un de ses clercs et l' | ||
| + | * Maurice de Sully eut bientôt une autre occasion de rendre un signalé service à sa chère abbaye d' | ||
| + | * Nous sommes loin d' | ||
| + | * Ce ne sont pas seulement les donations qui attirent l' | ||
| + | * Maurice de Sully ne se contente pas d' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Clémence était l'âme de toutes ces donations et de tous ces contrats. Elle devait s' | ||
| + | * L' | ||
| + | * En descendant au tombeau, si elle put jeter un regard en arrière et contempler son œuvre, elle dut être satisfaite, car elle laissait sa famille monastique dans une situation prospère. L' | ||
| + | * Hugues le Loup, le frère et le plus actif collaborateur de Clémence, l' | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre III. Ève (1180-1210)===== | ||
| + | |||
| + | //Élection et bénédiction de l' | ||
| + | |||
| + | * La succession de Clémence le Loup échut à une religieuse nommée //Ève//, professe à l' | ||
| + | * Celle-ci prit immédiatement en mains la direction de la communauté. L' | ||
| + | * Ève s' | ||
| + | * Entre autres choses, la bulle pontificale nous apprend que les deux abbayes d' | ||
| + | * Notre abbaye n'est donc plus dans la pénurie, puisqu' | ||
| + | * La nouvelle abbesse avait des ressources personnelles dont elle usa pour accroître le domaine de son monastère. En 1182, nous la voyons acheter, de ses propres deniers, une maison sise à la porte de Paris, et dont les revenus seront consacrés à acheter des pelisses pour ses sœurs ((**Note d' | ||
| + | * En même temps que cette acquisition, | ||
| + | * Nous pouvons enregistrer la vente faite par Hugues Buisnel, chanoine de Saint-Spire à Corbeil, qui, du consentement de son frère Pierre, céda, pour 80 livres parisis, aux religieuses, | ||
| + | * Il n'y a point à s'en étonner d' | ||
| + | * Bornons-nous à rappeler quelques noms seulement: Guibaud de Drancy, en mettant au couvent sa fille Havise, avait donné toute sa terre aux moniales, à la réserve d'une certaine partie; ses frères, au nombre de quatre ou cinq, aussi bien que son beau-frère, | ||
| + | * Une même préoccupation semble animer tous les bienfaiteurs de cette époque: celle d' | ||
| + | * C'est pourquoi le bon Maurice de Sully, qui contresigne d' | ||
| + | * Cette augmentation provenait en partie du système adopté par l' | ||
| + | * Une autre conséquence de la concentration de toutes les moniales au cloître fut un changement dans la direction générale de l' | ||
| + | * Fondées sous l' | ||
| + | * Les travaux agricoles leur devinrent à peu près totalement étrangers, excepté pour les terres attenant au couvent et comprises dans leur enclos; encore, même pour celles-là et pour les défrichements faits par elles dans le voisinage, un fermier, nommé Thierry, les remplaça en devenant l' | ||
| + | * Cependant il fallait occuper ce nombre considérable de moniales; c'est pourquoi on multiplia les longs offices religieux, les fêtes ((**Note d' | ||
| + | * La vie régulière et édifiante de nos religieuses continuait de leur attirer les sympathies tj'un grand nombre de puissants protecteurs et bienfaiteurs, | ||
| + | * Eudes de Sully, son successeur, continua ses traditions de bienveillance et de protection. Comme Maurice, il favorisa les |**38** donations, les aumônes, les transactions, | ||
| + | * Même appui et mêmes sentiments à la métropole de Sens, Michel et Pierre de Corbeil, qui s y succédèrent, | ||
| + | * Le roi, de son côté, demeurait fidèle aux traditions de son père et de son aïeul. Philippe-Auguste, | ||
| + | * Ceux-ci étaient toujours l' | ||
| + | * Mais les années 1206 et 1207 furent plus particulièrement heureuses pour le monastère. Ève acheta de Godefroy de |**39** Villepreux et de Foulques Carrels, un important et productif péage à Brunoy. Un peu plus tard, Arnoul Sarrazin et sa femme Marguerite lui vendirent vingt-trois arpents de bois à Puiselet. — Aveline de Chevannes lui légua dix-huit septiers de blé à prendre sur sa paroisse ((**Note d' | ||
| + | * La possession des biens de ce monde va rarement sans amener des difficultés et des querelles. Aussi l' | ||
| + | * Une querelle beaucoup plus grave éclata entre Ève et Ysembard, curé de Villiers-en-Beauce. Cette église avait été donnée à l' | ||
| + | * Thibault, curé de Valpuiseaux, | ||
| + | * Toutes ces difficultés n' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Tout devait prospérer, ce semble, avec une aussi habile direction, et pourtant on se plaignait encore de la pauvreté. Les guerres de Philippe-Auguste avaient fait un grand nombre de veuves et d' | ||
| + | * Cette mesure fut un des derniers actes de l' | ||
| + | * Entre temps, le monastère avait reçu le testament de Jean de Corbeil ((**Note d' | ||
| + | * On ne trouve plus, sous la signature d' | ||
| + | * Ève mourut le 13 mars 1210, et non pas 1212, comme le dit M. Mévil. Elle était âgée de 64 ans et avait porté la crosse à Yerres pendant 30 ans. Son gouvernement fut un des plus féconds et des plus importants de tous ceux qui se succédèrent à l' | ||
| + | * Par son autorité, l' | ||
| + | * Ève se coucha dans le tombeau avant d' | ||
| + | * Les religieuses lui firent de solennelles obsèques et réglèrent qu'on célébrerait chaque année son anniversaire. Après l' | ||
| + | =====Chapitre IV. Eustachie Dulers (1210-1226)===== | ||
| + | |||
| + | //La communauté est gouvernée par le chapitre. — Pierre de Nemours. — Les donateurs. — Noms de quelques religieuses du XIIIe siècle. — Les aumôniers ou chapelains. — Les seigneurs d' | ||
| + | |||
| + | * Pour porter la crosse tombée des mains de l' | ||
| + | * En montant au siège abbatial, elle se trouvait à la tête d'une importante communauté, | ||
| + | * Ce fut lui notamment qui, au mois de février 1211, sans même le concours de l' | ||
| + | * De ce nombre, sont la donation de quatre arpents de terre à Lieusaint, faite par Pierre Paner et Jean, son fils, sanctionnée par Payen, vicomte de Corbeil ((**Note d' | ||
| + | * Pierre de Nemours prêta encore son concours a un contrat important, par lequel Guérin d'Igny ((**Note d' | ||
| + | * Malgré les preuves réitérées de bienveillance données par Pierre de Nemours, on est en droit de se demander s'il conserva jusqu' | ||
| + | * Dans les premières années de l' | ||
| + | * Cependant, comme il fallait des prêtres pour l' | ||
| + | * Autour du couvent, il s' | ||
| + | * Enfin, l' | ||
| + | * Les décisions du concile de Latran eurent également pour résultat de développer parmi nos Bénédictines le culte du Saint-Sacrement, | ||
| + | * Durant l' | ||
| + | * Yerres, d' | ||
| + | * Dès 1213, Agnès de Garlande, femme d' | ||
| + | * Ce n' | ||
| + | * Dès le temps de l' | ||
| + | * Beaucoup d' | ||
| + | * Une partie de cette somme paiera le luminaire pour le service; une autre partie, le repas de la communauté, | ||
| + | * Toutes ces largesses apportaient de l' | ||
| + | * Toutefois, il ne suffisait pas d' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Puis viennent les nombreuses difficultés avec les curés relativement aux dîmes des paroisses. — Au XIIIe siècle comme aujourd' | ||
| + | * Un dernier arrangement fut fait, en avril 1225, entre l' | ||
| + | * Dans plusieurs de ces accords, l' | ||
| + | * Durant l' | ||
| + | * Après avoir gouverné l' | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre V. Aveline (1226-1244)===== | ||
| + | |||
| + | //Dix religieuses nommées Aveline. — L' | ||
| + | |||
| + | * Pour recueillir la succession d' | ||
| + | * Au moment où Aveline prit la crosse, l' | ||
| + | * Elle était belle et bien réglée cette communauté dont la vie offrait à tous un sujet d' | ||
| + | * Pieuses et dévotes, les sœurs d' | ||
| + | * Mais au début de l' | ||
| + | * Comme sous les abbatiats précédents, | ||
| + | * Cependant l' | ||
| + | * Plus difficiles furent les reconnaissances d' | ||
| + | * Au milieu de ces embarras, l' | ||
| + | * Au mois d' | ||
| + | * Ce n' | ||
| + | * Jean, seigneur d' | ||
| + | * Quand l' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Comme la maison d' | ||
| + | * Le gouvernement d' | ||
| + | * Les annales d' | ||
| + | * C'est le dernier acte connu de l' | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre VI. Ermengarde (1245-1254)===== | ||
| + | |||
| + | // | ||
| + | |||
| + | * Après la mort d' | ||
| + | * Les anciennes religieuses, | ||
| + | * Du statut d' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Ermengarde fut élevée au siège abbatial dans les premiers jours de l' | ||
| + | * Toutefois, il est excessif de laisser entendre, à la suite des Bénédictins, | ||
| + | * Au mois de juillet 1243, Roger de Sèvres et sa femme Aveline firent à l' | ||
| + | * Dans ce beau milieu du XIIIe siècle, aux donations s' | ||
| + | * Étienne, cardinal prêtre du titre de Sainte-Marie au delà du Tibre, était chanoine de Chartres et prévôt d' | ||
| + | * Les autres contrats de l' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Les religieuses pouvaient envoyer quérir, tous les jours de l' | ||
| + | * D' | ||
| + | * Au mois de février 1248, grâce à de puissantes influences, |**70** notamment à celle du pape Innocent IV, on essaya d'un règlement destiné à calmer des disputes quotidiennes et scandaleuses. On n' | ||
| + | * Cet accord fut souscrit et juré par les parties intéressées, | ||
| + | * Les signataires étaient-ils de bonne foi? Il est permis d'en douter. Toujours est-il que l' | ||
| + | * Comme bien on pense, les religieuses jetèrent les hauts cris, réclamèrent huit charges de bois et 40 livres parisis de dommages-intérêts. Ermengarde, cette fois, se chargea personnellement |**71** de ces revendications. Elle demandait des juges et criait vengeance contre un acte de déloyauté et de félonie; elle affirmait les droits de sa maison et demandait pour chaque jour de l' | ||
| + | * Baudoin de Villecresnes fut condamné, moins sévèrement toutefois qu'on ne pourrait le croire. Il dut rendre le bois confisqué; pour l' | ||
| + | * Heureusement, | ||
| + | * C'est tout ce que nous avons pu recueillir touchant l' | ||
| + | * Nous n' | ||
| + | * Avec Ermengarde finirent, au moins pour une notable période, ce que nous pourrions nommer les longs abbatiats. La maison d' | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre VII. Eustachie d' | ||
| + | |||
| + | //Origine d' | ||
| + | |||
| + | * Eustachie d' | ||
| + | * Au jour de sa prise d' | ||
| + | * Eustachie avait la soixantaine ou environ, quand elle prit la crosse; c' | ||
| + | * En 1256, le fonds de réserve de l' | ||
| + | * Afin de favoriser deux de ses diocésains dans le besoin, Henri Cornu, archevêque de Sens, permit à Thibault de Nangeville et à sa femme Marguerite, de vendre à l' | ||
| + | * Un peu plus tard, la division des terres de Tremblay, près Gonesse, fut favorable aux intérêts de l' | ||
| + | * Pendant l' | ||
| + | * Deux ou trois autres actes moins importants, accomplis pour faire reconnaître les droits du monastère, notamment à Villecresnes et à Corbeil, sont les seuls souvenirs qui nous restent du gouvernement d' | ||
| + | * Isabelle qui lui succéda comme abbesse, continua les pratiques et les usages de sa devancière. Chaque jour, grâce à la prospérité croissante du monastère, la vie intérieure et le système alimentaire s'y modifiaient sensiblement. C'est de cette époque en effet, et non pas du XIVe siècle seulement, comme le dit Mévil, que date l' | ||
| + | * Plus active toutefois que sa devancière, | ||
| + | * Tout en favorisant les dons et les aumônes, Isabelle s' | ||
| + | * C' | ||
| + | * D' | ||
| + | * Isabelle sut ménager une faveur toute particulière à sa communauté. Les procès étaient déjà fort nombreux au XIIIe siècle; et comme le domaine monastique était très étendu, il fallait se défendre devant plusieurs juridictions en même temps; de là des déplacements fréquents, et des dépenses considérables. Comme le monastère était toujours sous la protection spéciale du Saint-Siège, | ||
| + | * Le pape Clément IV, Guy Foulquois, originaire de Saint-Gilles en Languedoc, avait été marié avant de monter aux sièges épiscopaux du Puy et de Narbonne, ensuite sur celui de saint Pierre. Il avait deux filles, et l'une d' | ||
| + | * Isabelle, après avoir gouverné environ six années avec une activité digne d' | ||
| + | * Sa succession fut recueillie par une religieuse inscrite dans les catalogues sous le nom de Marguerite Ire . Sa personnalité, | ||
| + | * Elle loua à Godefroy Normant et à sa femme Pétronille, | ||
| + | * Les donations en terres, en dîmes, en farine, en grain, en redevances, en numéraire, abondent dans cette seconde moitié du XIIIe siècle. Elles ont pour but de pourvoir à des besoins divers: amélioration de la nourriture des moniales, reconstruction de l' | ||
| + | * C'est ainsi que Marguerite reçut le jour des Cendres 1272, la donation de Nicole, dame de Crosne, qui lui léguait quatre muids et trois setiers de blé, à prendre à Combs-la-Ville. Hélisende, fille de Nicole et religieuse du couvent, devait recevoir là-dessus deux muids de blé, sa vie durant, par la main de l' | ||
| + | * Tout l' | ||
| + | * C'est à cette abbesse que M. Sainte-Marie Mévil, fatigué ou satisfait des trente pages écrites sur l' | ||
| + | * Après cette hautaine déclaration, | ||
| + | * En inscrivant la mort de Marguerite, l' | ||
| + | * Marguerite était morte le 3 mars, et dès le 18 du même mois, Jeanne lui avait succédé depuis plusieurs jours; c'est dire que les élections se faisaient sans aucun laps de temps, ni concours étranger. Quand la nouvelle titulaire avait recueilli les suffrages de ses sœurs, elle se bornait à en prévenir l' | ||
| + | * Elle eut encore à recueillir d' | ||
| + | * De nombreux arrangements furent conclus par Jeanne, et tous furent favorables à la fortune territoriale et mobilière du couvent. Une veuve, nommée Anceline la Dalbonne et son fils Guillaume vendent une maison à un clerc, appelé Jean Chevalot. Dans quelques années ce petit domaine deviendra propriété du couvent, et arrondira ses possessions à Brie-Comte-Robert. — En 1278, sous le sceau de l' | ||
| + | * Le nom de ce curé de Périgny mérite d' | ||
| + | * Son abbatiat ne fut d' | ||
| + | * Toutes les terres, prés, maisons, granges, en un mot le domaine utile du monastère est en parfait état; le revenu en est considérable et admirablement administré par un procureur habile. Les donations sont toujours nombreuses et produisent des sommes difficiles à évaluer en monnaie moderne, mais très importantes. À la distance de plus de six siècles, les chiffres sont de nature à nous faire illusion; car, si nous lisons que Jean de Corbeil a donné 12 livres de revenu annuel, et que Baudouin, son frère, a légué un muid de blé à prendre sur telle terre; ou bien qu' | ||
| + | * À ce domaine, à ces aumônes et donations il faut joindre les dîmes, menus cens et autres droits innombrables, | ||
| + | * Elles sont toujours fort nombreuses à Yerres les filles de Saint-Benoît; | ||
| + | * Cependant la communauté offrait un spectacle doux à contempler: les offices religieux s'y faisaient avec régularité et exactitude, voire avec pompe; les vertus claustrales d' | ||
| + | * Depuis quarante ans environ, les abbesses d' | ||
| + | * Au moment où Jeanne descendit dans la tombe, elle laissait sa maison prospère et bien réglée, pourvue d'un essaim de Bénédictines pieuses, parmi lesquelles il y avait des artistes, dont nous allons étudier les œuvres. Presque en même temps que l' | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre VIII. Agnès de Brétigny (1280-1299)===== | ||
| + | |||
| + | //Charité de l' | ||
| + | |||
| + | * Quel usage nos moniales faisaient-elles des grands biens et des richesses dont elles jouissaient à la fin du XIIIe siècle? Semblables à des avares, prenaient-elles un plaisir vulgaire et coupable à contempler des trésors entassés dans leurs coffres? Nullement; car une large part de leurs revenus était employée à faire l' | ||
| + | * Venaient ensuite les travaux utiles. Le monastère fut presque tout entier rebâti entre les années 1270 et 1280. L' | ||
| + | * En même temps qu' | ||
| + | * Aux grands et utiles travaux, nos Bénédictines savaient joindre les arts d' | ||
| + | * Le Cartulaire, comme son nom l' | ||
| + | * Le Cartulaire d' | ||
| + | * C'est donc un but utilitaire et nullement historique, comme certains l'ont cru, qui a présidé à l' | ||
| + | * Tel quel, le Cartulaire d' | ||
| + | * "On appelle Obituaires ou Nécrologes, | ||
| + | * Il ne faudrait pas identifier l' | ||
| + | * Nous voudrions maintenant déterminer, | ||
| + | * Pour serrer de plus près l'âge exact d'un manuscrit de cette nature, on a recours d' | ||
| + | * Après avoir déterminé aussi exactement que possible l'âge de l' | ||
| + | * Tel que nous l' | ||
| + | * La liste des noms cités est considérable: | ||
| + | * Si incomplètes à certains points de vue que soient les indications fournies par l' | ||
| + | * Et dans les froides nomenclatures du Nécrologe, que de renseignements précieux! Ici, nous voyons les industries de |**92** la charité, s' | ||
| + | * Là, c'est l' | ||
| + | * Pendant que les artistes calligraphes écrivaient les annales du couvent, la crosse passa aux mains d' | ||
| + | * À peine eut-elle reçu la bénédiction que, le 23 août 1280, elle réclama du Chapitre de Notre-Dame, une décharge de toute l' | ||
| + | * Comme toutes ses devancières, | ||
| + | * Puis ce sont les transactions, | ||
| + | * Agnès de Brétigny aimait à gérer les affaires temporelles; | ||
| + | * Agnès de Brétigny, nous le savons, était de haut lignage; elle avait apporté au cloître, un peu par l' | ||
| + | * Avoir le droit de rendre la justice, ou simplement //avoir la justice//, comme on disait au moyen âge, constituait un privilège fort important pour l' | ||
| + | * Le tribunal du monastère est ainsi composé: le procureur se nomme Arnoul, les sergents s' | ||
| + | * Avec ses hautes prétentions on devine bien qu' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Le collège des prêtres affectés au service religieux de l' | ||
| + | * Agnès de Brétigny, supérieure de cette grande et belle communauté, | ||
| + | * Pinard, dans son //Histoire du canton de Longjumeau//, | ||
| + | * Est-il nécessaire de relever maintenant les autres erreurs des historiographes touchant l' | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre IX. Élisabeth (1300-1311), | ||
| + | |||
| + | //La justice. — Abbatiat d' | ||
| + | d' | ||
| + | |||
| + | * Les débuts du XIVe siècle furent remplis par la continuation de la lutte engagée pour les droits de justice. En 1301, Pierre de Courtenay, seigneur d' | ||
| + | * Pendant ce temps la succession d' | ||
| + | * Son gouvernement fut des plus impersonnels: | ||
| + | * Ce n'est pas à dire cependant que toute activité eut cessé au monastère durant ces onze ans; loin de là, cette période est riche de petits faits, dignes d' | ||
| + | * Au mois d' | ||
| + | * Cette cérémonie funèbre ne fut pas la seule de ce temps-là; elle avait été précédée d'une autre faite pour l' | ||
| + | * Dans le même temps, ou peut-être dans les dernières années du XIIIe siècle, l' | ||
| + | * La première fut celle d' | ||
| + | * Un des contemporains d' | ||
| + | * Pierre de Cossigny, compatriote et peut-être parent d' | ||
| + | * À côté de ces opulentes donations nous pourrions en inscrire |**102** d' | ||
| + | * L' | ||
| + | * On doit aussi inscrire à l' | ||
| + | * Tels sont les actes concernant l' | ||
| + | * Quoi qu'il en soit, l' | ||
| + | * À relever maintenant les erreurs des historiographes touchant Marguerite de Courtenay. L'un la fait gouverner l' | ||
| + | * Marguerite de Courtenay avait été emportée par une maladie épidémique, | ||
| + | * Le 9 février 1313, elle nomme des procureurs séculiers pour gérer les affaires temporelles de la communauté, | ||
| + | * Elle prend également une décision plus importante encore relativement au confesseur de sa maison. Depuis la disparition du prieuré de Saint-Nicolas, | ||
| + | * La question des confesseurs de religieuses avait attiré l' | ||
| + | * L' | ||
| + | * À Cluny, paraît-il, la règle bénédictine permettait aux religieux de manger des poulets, des canards, de la volaille, sans enfreindre l' | ||
| + | * Durant les quarante premières années du XIVe siècle, les religieuses d' | ||
| + | * Plusieurs des valides étaient occupées à soigner leurs sœurs malades et infirmes, et cependant il fallait satisfaire à l' | ||
| + | * Mais ce que l'on conserva avec le plus grand soin ce furent les repas, d' | ||
| + | * Celle-ci laissa également se développer parmi ses sœurs une autre pratique fort dangereuse. On a déjà pu remarquer que le moyen âge n' | ||
| + | * Elle recueillit la succession de Guillaume Le Nain et d' | ||
| + | * Comme ses deux devancières, | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre X. Clémence des Grez (1318-1332), | ||
| + | |||
| + | //Origine de Clémence des Grez. — Le nom d'// | ||
| + | |||
| + | * Dès le mois d' | ||
| + | * Tout au début de sa prélature, Clémence recueillit la succession de Guillemete de Omabus, qui portait aussi le nom de Guillemette d' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Clémence s' | ||
| + | * Les difficultés se multipliaient autour de la supérieure; | ||
| + | * En 1325, l' | ||
| + | * On trouve à l' | ||
| + | * Celle-ci, après avoir gouverné la communauté pendant quatorze ans, s' | ||
| + | * La piété, le zèle et la sage administration de Clémence des Grez avaient rendu facile la tâche d' | ||
| + | * Avec le nombre des religieuses valides, les exercices de la vie monastique et l' | ||
| + | * À l' | ||
| + | * Jusqu' | ||
| + | * Isabelle reçut en 1333, la dépouille mortelle de Pierre de Courtenay d' | ||
| + | * Pour lui succéder, les moniales firent choix d'une sœur qui vivait dans la familiarité de la précédente abbesse, et était fort probablement de sa parenté. Elle se nommait Agnès de Courciaux et les catalogues l' | ||
| + | * Le plus curieux de tous est le testament de Jean de Herces, nommé Jean de Haitus par l' | ||
| + | * Jean de Herces était clerc ou plutôt basochien, car il fut marié deux fois; une première fois à une femme nommée Marguerite, et une seconde fois à une femme appelée Émeline, qui toutes deux lui apportèrent du bien et contribuèrent à sa fortune. Ce clerc, comme il s' | ||
| + | * Jean de Herces donnait aux religieuses quarante-cinq arpents de terres, sises en divers lieux et amorties en 1338 sur plusieurs particuliers, | ||
| + | * Malgré cet éloge, Jean de Herces avait-il le pressentiment que cette brillante situation était menacée? Peut-être, car il anathématise à l' | ||
| + | * Il imposait également différentes charges à la maison. |**115** Après son décès, l' | ||
| + | * Les simples moniales ne furent pas oubliées par leur admirateur Jean de Herces. Il leur légua une assez forte somme en numéraire, à prendre sur sa riche succession ((**Note d' | ||
| + | * Cet acte de munificence ne fut pas le seul recueilli par l' | ||
| + | * Ces marques de sympathie n' | ||
| + | * Pierre de Châtres, prévôt de Corbeil, fut appelé à dirimer cette querelle ((**Note d' | ||
| + | * Nous ne sommes pas surpris de voir Agnès de Courciaux en appeler à la justice pour vider ses différends, | ||
| + | * Ces officiers de justice, ces cachots, dans un monastère de religieuses étaient, il faut bien en convenir, tout à fait dans les goûts et les habitudes de nos ancêtres du XIVe siècle. Ceux-ci ne comprenaient pas une importante maison, la possession d'une grande étendue de terre, sans y voir attaché le droit de rendre la justice, avec toutes ses conséquences, | ||
| + | * Comme la plupart des abbesses, Agnès de Courciaux fit çà et là des acquisitions; | ||
| + | * L' | ||
| + | * À cette date, Agnès de Courciaux ne vivait plus. Elle était morte quelques mois auparavant, en février 1349. Grande dame et riche propriétaire, | ||
| + | * Mais Agnès laissa à tous mieux que la fortune et les biens d' | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre XI. Agnès de Chartrettes (1349-1360), | ||
| + | |||
| + | //La guerre de Cent-Ans. — Difficultés administratives. — Le pain du roi. — Testament de Marguerite de Courtenay. — La famille de Mackau. — Pétronille prête serment à l' | ||
| + | |||
| + | * Au mois de novembre 1349, Agnès de Chartrettes fut mise en possession de l' | ||
| + | * À l' | ||
| + | * La terre de Drancy, près Paris, la plus vieille peut-être des possessions de l' | ||
| + | * Parmi les difficultés administratives on doit compter les querelles avec des voisins mal intentionnés et sans bonne foi. Jean de Pomponne, descendant des anciens bienfaiteurs de l' | ||
| + | * Agnès de Chartrettes est contrainte d'en appeler à la justice. Jean le Cauchois, prévôt de Corbeil, rend en 1334 une sentence motivée qui maintient l' | ||
| + | * Les gens du roi vinrent à leur tour tracasser l' | ||
| + | * Tout l' | ||
| + | * Du temps de l' | ||
| + | * Mais lorsque cette succession s' | ||
| + | * Celles qui restaient se hâtèrent d' | ||
| + | * La mort d' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Pétronille réclamait avec instance contre ces raisons. Elle fit dresser un mémoire où elle invoquait la pauvreté de sa maison, que l' | ||
| + | * Hélas! les rois les plus absolus ne sont pas toujours obéis. Et de plus, Charles V tenait-il beaucoup à l' | ||
| + | * Le 2 mars 1369, les religieuses sont de nouveau en instance auprès du roi. Le monarque a fait relever leur compte, il a constaté que l' | ||
| + | * Cette dernière prescription était d' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Malgré le malheur des temps et la difficulté des circonstances, | ||
| + | * Pétronille recueillit encore les donations de Roger de Mabre, habitant la ferme de Herces, qui allait être ruinée par la guerre; — celle de Jean Doulcet, curé de Villiers-en-Beauce, | ||
| + | * En même temps qu' | ||
| + | * Le 22 février 1379, Pétronille de Mackau est à Paris dans son //Ostel d' | ||
| + | * Ce fut au cours du XIVe siècle et surtout vers la fin, que se généralisa l' | ||
| + | * Durant la prélature de Pétronille s' | ||
| + | * Le nouveau seigneur se montra plein de bienveillance et de courtoisie pour les religieuses ses voisines; il leur confia sa fille et unique héritière à élever. Celle-ci devint dame d' | ||
| + | * Pendant que tous ces changements s' | ||
| + | * Malheureusement, | ||
| + | * Ce goût des belles choses, il faut leur rendre cette justice, elles l'ont porté dans leur chapelle. Que de dons faits à ce modeste sanctuaire au cours du XIVe siècle! Vases sacrés, croix, reliquaires, | ||
| + | * Telle est la situation à la fin du XIVe siècle, qui se termina moralement sinon exactement en même temps que l' | ||
| + | * L' | ||
| + | * De son temps, croyons-nous, | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre XII. Marguerite des Chênes (1394-1406), | ||
| + | |||
| + | //Erreurs dans la liste des abbesses. — Ruine de la ferme de Herces. — De nombreux paysans se réfugient à l' | ||
| + | |||
| + | * L' | ||
| + | * Il est constant pour tous que Pétronille de Mackau mourut en 1394. Mais qui lui succéda? Les Bénédictins nomment Marguerite III, et ensuite Marguerite des Chênes. Appuyés sur |**132** les chiffres inscrits dans le Nécrologe, ils donnent 35 années de pouvoir à ces deux abbesses: 23 ans à la première et 12 ans à la seconde: Or, les documents conservés dans les archives: baux, contrats, procès, transactions, | ||
| + | * Autre difficulté, | ||
| + | * Mais comment, dira-t-on, une semblable erreur a-t-elle pu être commise par les savants auteurs du //Gallia//, eux qui avaient sous les yeux l' | ||
| + | * Marguerite des Chênes, comme toutes les religieuses d' | ||
| + | * Très apte au maniement des affaires de la communauté, | ||
| + | * Que devenaient, au milieu de tout ce bruit et de tous ces bouleversements, | ||
| + | * Puis, nouvelle source d' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Au milieu de ces contestations, | ||
| + | * Pendant ce temps les évènements suivaient leur cours. Jeanne de la Rivière, confiée par ses parents à nos moniales, sortait du cloître, et recevait de son père et de sa mère, Marguerite Danneel, la terre et seigneurie d' | ||
| + | * Au temps de Marguerite des Chênes, l' | ||
| + | * C'est tout ce que nous avons trouvé, touchant la prélature de Marguerite des Chênes. Elle mourut au mois d' | ||
| + | * Une religieuse nommée Jeanne la Pastée, fut choisie pour succéder à Marguerite des Chênes. Le nom de cette nouvelle titulaire n'a été inscrit dans aucun des catalogues donnant la liste des abbesses d' | ||
| + | * Pour juger de l' | ||
| + | * C'est alors que se place la prélature de celle que les Bénédictins ont appelé Marguerite III, et qui doit être nommée Marguerite IV. De ses antécédents, | ||
| + | * Sa prélature s' | ||
| + | * La confusion la plus grande règne alors dans le monastère, |**138** c'est le régime du bon plaisir de chacun. L' | ||
| + | * Les difficultés d' | ||
| + | * Les baux sont les seuls actes capables de nous révéler la vie et l' | ||
| + | * Elles en souffraient de la guerre nos malheureuses moniales, et n' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Après la mort de leur abbesse, nos moniales élurent l'une d' | ||
| + | * Une élection eut lieu pour donner une remplaçante à Marguerite V. Les voix se réunirent sur le nom de Marguerite de Montaglant ou Montenglant. Elle appartenait à une famille influente et de plus bienfaitrice de l' | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre XIII. Marguerite des Guaculs (1430-1436), | ||
| + | |||
| + | // | ||
| + | |||
| + | * L' | ||
| + | * Durant toute sa prélature, les Anglais, maîtres de Paris et de toute l' | ||
| + | * Dès la fin de juin 1436, une nouvelle abbesse, Huguette de Chacy, a pris la place de Marguerite des Guaculs. Qui lui a mis la crosse en main? Qui l'a investie de sa nouvelle fonction? Il est impossible de le dire. Ce ne fut certainement pas une élection régulière, | ||
| + | * Dès qu' | ||
| + | * Huguette, accompagnée de son fidèle Capel, va de l'un à l' | ||
| + | * Parmi tous ceux qui s' | ||
| + | * Plus intraitables encore sont les frères en religion de la malheureuse Huguette, les Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés et ceux de Saint-Denis. Ces derniers refusent absolument d' | ||
| + | * Le soin de trouver des fermiers pour des terres abandonnées, | ||
| + | * Tel fut l' | ||
| + | * La pénurie et la disette étaient le partage de l' | ||
| + | * L' | ||
| + | * À quelle famille appartenait l' | ||
| + | * Quoi qu'il en soit, Guillemette n' | ||
| + | * Guillemette et ses compagnes venaient de rentrer à Yerres, lorsqu' | ||
| + | * Les Budé étaient probablement originaires du Hurepoix; ils exerçaient des charges à la cour dès le temps de Charles V. Au mois de septembre 1399, Charles VI, pendant un séjour à l' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Guillaume le Roy, curé de Lieusaint, est le grand adversaire des moniales. Il veut bon gré malgré les empêcher de prélever quoi que ce soit dans sa paroisse, où elles sont |**149** grandes propriétaires. Pour atteindre ce but, il combattra 20 ans, fera faire enquêtes et contre-enquêtes, | ||
| + | * Des difficultés analogues avaient lieu pour les dîmes de Puiselet, de Tremblay, de Villepinte et d' | ||
| + | * L'un de ceux-ci lui fut amèrement reproché. On le lui arracha, il est vrai, tout à fait à la fin de sa vie, et peut-être n'en était-elle guère responsable. Un certain Denis Robichon et Jeanne sa femme, venus de Blandy, louaient le 8 janvier 1459, par bail emphytéotique, | ||
| + | * Trente ans plus tard, quand on attaqua, avec raison croyons-nous, | ||
| + | * Au milieu des péripéties de son gouvernement, | ||
| + | * Du petit groupe de religieuses entrées naguère sous le cloître, l'une devint abbesse parmi ses sœurs. Elle se nommait Marguerite d' | ||
| + | * Sa prélature à Yerres fut du reste assez éphémère; | ||
| + | * Marguerite eut à soutenir une des instances de l' | ||
| + | * Ce que nous venons de dire suffit pour éclairer les origines, assez mal connues jusqu' | ||
| + | |||
| + | |||
| + | =====Chapitre XIV. Jeanne de Rauville (1460-1487)===== | ||
| + | |||
| + | //Origine et heureux commencements de Jeanne de Rauville. — Renvoi des religieux Augustins. — Gentilshommes pauvres. — Ferme de Sénart. — Baux emphytéotiques. — Mesnil-Racoin. — Cantien Beaujon. — Procès. — La cure de Villiers en Beauce. — Jean Budé. — Prétentions sur Gif et Saint-Remy de Senlis. — Isabelle de Brindesalle. — Ses engagements en se rendant à Senlis. — Indigne conduite de Jeanne de Rauville. — Elle est chassée d' | ||
| + | |||
| + | * Ce fut aussi une Briarde qui prit la place laissée vacante à Yerres par Marguerite d' | ||
| + | * Avant d' | ||
| + | * Les premières mesures prises par elle étaient propres à lui concilier l' | ||
| + | * Cependant Jeanne de Rauville ne s' | ||
| + | * Régler l' | ||
| + | * Les guerres du XVe siècle avaient réduit à la misère un grand nombre de familles nobles. Les fils de ces familles s' | ||
| + | * Les de Boncourt, établis d' | ||
| + | * Cet arrangement déchaîne la fureur de Jeanne de Rauville, qui nous laisse voir pour la première fois la violence de son caractère. Elle jure " | ||
| + | * Cette escarmouche ne brouilla pourtant pas irrémédiablement Jeanne de Rauville et les frères de Boncourt. Ceux-ci au contraire rentrèrent dans les bonnes grâces de l' | ||
| + | * Malgré le peu de succès de son contrat de Sénart, Jeanne de Rauville a trouvé là sa voie; elle est née pour le bail emphytéotique: | ||
| + | * Lieusaint, délaissé en 1469 par Simon de Beaucroix, est loué aussitôt pour 90 ans à Geffroy Barbette, qui n'y fit pas fortune sans doute, car Jean le Goëtre, laboureur, en obtint contrat en juillet 1481. — Carbouville en Beauce est loué le 31 août 1470 à Jean Baillart pour 97 ans; — et les terres de Jodenville et d' | ||
| + | * Ce ne furent pas seulement les terres et immeubles qui furent donnés par baux emphytéotiques, | ||
| + | * Une exception cependant eut lieu en faveur de la terre du Mesnil-Racoin. Jeanne de Rauville s'y ménagea un petit pied-à-terre, | ||
| + | * Après ses honteux séjours au Mesnil, elle rentrait à l' | ||
| + | * Quand sa colère s'en prenait aux gens du dehors, elle se traduisait en procès, et pendant qu' | ||
| + | * Ni la dignité, ni l' | ||
| + | * Cependant parmi les antagonistes de l' | ||
| + | * Ce fut surtout avec les religieuses, | ||
| + | * L' | ||
| + | * Pour Saint-Remy de Senlis, voici quel était l' | ||
| + | * La condition imposée n' | ||
| + | * Jeanne de Rauville ne devait pas manquer une si belle occasion de signaler son zèle. Le 14 juin 1467 elle apprend la mort de Jeanne de Hermanville ou Hallenville, | ||
| + | * Les choses allaient bien jusque-là; mais il fallait arriver à Senlis. Isabelle partit, accompagnée de deux autres moniales, de Louis Labelle son procureur et de quelques serviteurs. Arrivée à la porte de l' | ||
| + | * Colère de Jeanne de Rauville; elle intente aussitôt un procès, qui est bientôt porté jusqu' | ||
| + | * Ces engagements signés, Isabelle partit de nouveau pour Senlis, où les religieuses, | ||
| + | * Dure et impitoyable aux Bénédictines du dehors, Jeanne de Rauville était bien réellement intolérable pour ses sœurs, pour ses propres filles d' | ||
| + | * Depuis plus de 25 ans elle gouverne d'une façon tyrannique, et la voilà qui sent le commandement lui échapper; or, pas plus que les individus, les pouvoirs qui finissent, n' | ||
| + | * C'en était trop. Le pouvoir ecclésiastique ne fut pas seul à se préoccuper des faits et gestes de Jeanne de Rauville, la puissance civile intervint. Au cours de l' | ||
| + | * En partant, il lui restait un dernier crime à commettre: celui d' | ||
| + | * Ces quatre personnages se mirent en rapport avec tous les tenanciers et gens capables de profiter d'un contrat malhonnête. Fréminot entamait la négociation, | ||
| + | * Jeanne de Rauville, chassée de l' | ||
| + | * Aussitôt après sa sépulture, les enquêtes à son sujet commencèrent. |**163** Cantien Beaujon, le médecin fut interrogé; mais lié par le secret professionnel, | ||
| + | * Cantien a un frère, appelé Denis Beaujon, laboureur, âgé de 67 ans et paysan retors, mais un peu plus loquace que son aîné le praticien. Écoutons sa déposition en langue du XVe siècle. | ||
| + | * Lui aussi a connu Jeanne de // | ||
| + | * Une autre enquête faite à l' | ||
| + | * Telle était cette femme: méchante, cupide, vindicative, | ||
| + | * Prenons garde cependant d' | ||
| + | =====Chapitre XV. Jeanne Allegrin (1488-1513), | ||
| + | |||
| + | //Le Pape nomme une abbesse. — Famille et antécédents de Jeanne Allegrin. — Rescision des baux emphytéotiques, | ||
| + | |||
| + | * L' | ||
| + | * Par son origine et sa constitution primitive, l' | ||
| + | * Jeanne Allegrin sortait d'une vieille famille parisienne de bourgeoisie parlementaire. Dès le XIVe siècle, les Allegrin avaient des possessions à Gonesse; au XVe , ils sont grands propriétaires à Combs-la-Ville, | ||
| + | * Jeanne prit possession de l' | ||
| + | * Tout le domaine utile de l' | ||
| + | * Jeanne Allegrin, en face de ces raisons, pour la tranquillité de sa conscience, et aussi pour diminuer l' | ||
| + | * Souvent il lui fallut lutter avec âpreté contre des fermiers récalcitrants, | ||
| + | * Les dîmes de Drancy avaient passé par plusieurs mains depuis quinze ans: Simon Coquillon, Colin Baudin et Jean le Maire les avaient louées successivement. Girard de la Rue, hôtelier au Bourget, en avait obtenu récemment un long bail, mais il y renonça moyennant certaines concessions, | ||
| + | * La ferme de Sénart, dont il a été question plus haut, est l' | ||
| + | * Jeanne Allegrin redevient ainsi peu à peu maîtresse de toutes les possessions de l' | ||
| + | * Un de ces contrats est particulièrement intéressant par les détails qu'il renferme. La ferme des Godeaux, voisine de l' | ||
| + | * L'acte de juillet 1494 contient également une indication fort importante. Il nous apprend que Jeanne Allegrin ne se laissait pas absorber par le côté matériel de sa charge, et qu' | ||
| + | * Jeanne Allegrin poursuivait la tâche du relèvement de sa maison au milieu de difficultés sans cesse renaissantes. Louis de Beaumont, évêque de Paris, son protecteur, mourut en 1492. Elle fut mise en possession de la chèvecerie, | ||
| + | * Jeanne était abbesse depuis douze ans, et depuis douze ans aussi elle était en lutte ou mieux en guerre ouverte avec le seigneur d' | ||
| + | * Le meunier Macé Chevalier et sa femme sont journellement dans la cour des moniales et jusque sous le cloître; cette promiscuité est intolérable. Chevalier est l' | ||
| + | * D' | ||
| + | * Pour se mettre à l' | ||
| + | * Une autre fois, c'est le droit de justice qui amène les contestations et la lutte. Budé prétend avoir à lui seul la justice dans toute l' | ||
| + | * Toutes ces luttes étaient suivies d' | ||
| + | * Il ne faudrait pas croire que Budé est le seul à batailler contre l' | ||
| + | * Lorsque la querelle est terminée sur un point, le litige recommence sur un autre. On ne saurait dire les difficultés et les tracas suscités à Jeanne Allegrin et à tous les siens, pour la reconstitution de la fortune abbatiale. Partout les bornes de la propriété ont été arrachées au temps de la guerre et depuis, par des voisins avides et des tenanciers peu délicats ou insouciants. Les Allegrin s' | ||
| + | * Si pénibles que fussent les luttes, soutenues par Jeanne Allegrin contre des séculiers, elles l' | ||
| + | * Dès les premiers mois de sa prélature, elle voulut imposer à Gif une supérieure de son choix et de sa maison. Nous avons dit ailleurs ((**Note d' | ||
| + | * Cet insuccès ne découragea pas Jeanne Allegrin. Ayant appris la mort d' | ||
| + | * Ainsi engagée, Isabelle Lempereur part pour Senlis en janvier 1502. Elle n'est pas seule; deux ou trois moniales d' | ||
| + | * Isabelle Lempereur fait appel de cette sentence. L' | ||
| + | * Malheureusement Jeanne de Vaulx mourut au bout de dix-huit mois de prélature, et en octobre 1503, l' | ||
| + | * Jeanne Allegrin part pour Senlis, accompagnée cette fois de quatre de ses sœurs: Marguerite Poilloüe, réfectorière; | ||
| + | * Mais les religieuses d' | ||
| + | * Détournons nos regards de ces querelles et de ces luttes sans utilité et sans gloire, pour considérer Jeanne Allegrin dans une attitude plus conforme à son honneur et à sa vocation. Les difficultés extérieures ne l' | ||
| + | * En un mot, l' | ||
| + | * Aussi le public ne s'y trompe-t-il pas. Il a repris le chemin de l' | ||
| + | * Les dernières années de Jeanne Allegrin furent attristées parla continuation de ses luttes et de ses procès avec des adversaires que nous avons déjà nommés. Elle fut condamnée par le Parlement en 1510, à payer annuellement 2 muids de grain à Simon Marin, curé de Yillabé. Des fermiers agressifs, tel que Jean Logre, établi à Lieusaint, lui suscitèrent de longs et coûteux embarras. Enfin, chose plus grave, l' | ||
| + | * C'est au milieu de ces tristesses et de ces épreuves que |**177** Jeanne Àllegrin termina sa carrière par une sainte mort, le 4 mai 1513, après avoir porté la crosse à Yerres pendant 26 ans. En mourant elle laissait 35 professes à l' | ||
| + | * On a reproché à Jeanne Allegrin l' | ||
| + | * Les 35 professes, formées par Jeanne Allegrin, élurent à l' | ||
| + | * D' | ||
| + | * Les baux de dîmes, relevés çà et là dans les archives de |**178** l' | ||
| + | * Mais les difficultés soulevées par la dîme n' | ||
| + | * Toutefois ses grandes épreuves lui vinrent principalement de l' | ||
| + | * Guillemette Allegrin, quelques jours seulement après sa confirmation comme abbesse, reçut d' | ||
| + | * Malgré ces allégations désobligeantes, | ||
| + | * À cette hostilité déclarée, Étienne Poncher répond par un coup d' | ||
| + | * Dans un mémoire détaillé, l' | ||
| + | * Comme bien on pense, Etienne Poncher ne laissa point sans réponse ce mémoire accusateur. Dans son plaidoyer, il ne nie pas les faits matériels dénoncés par l' | ||
| + | * En face de deux affirmations si opposées, le Parlement fit une véritable cote mal taillée, donna en partie raison à l' | ||
| + | * Le 5 mai 1515, par une sentence du Conseil, le Parlement statue que les appellations d' | ||
| + | * La rentrée de Guillemette Allegrin à Yerres fut une faute. Abbesse nominale, sans pouvoir réel ni efficace; incapable de s' | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre XVI. Marie de Savoisy (1517-1520)===== | ||
| + | |||
| + | //La triennalité. — Marie de Savoisy et Louise de la Baume. — Nombre et noms des professes. — Clôture. — Pierre Touzel. — Observance du XVIe siècle. — Le procureur. — Les frères Budé. — Les curés. — Les chanoines de Notre-Dame à Paris. — Départ de Marie de Savoisy.// | ||
| + | |||
| + | * Au début de l' | ||
| + | * Dès les premiers jours de sa titularisation, | ||
| + | * Nous ne redirons pas ici les articles de la règle d' | ||
| + | * Elle s'y appliqua avec zèle, et sous son impulsion la maison est bientôt transformée. Les lieux réguliers sont marqués avec soin, personne en dehors des moniales ne les franchit, la clôture est observée: l' | ||
| + | * La charge de confesseur des religieuses est confiée aux Dominicains de Paris; et l'un d' | ||
| + | * La règle de Poncher a divisé les religieuses en trois classes: les professes, les novices et les converses. Cette dernière catégorie ne fut pas représentée immédiatement à Yerres; il faut arriver presque à la fin du XVIe siècle pour voir des converses sous le cloître. Mais un autre élément y fut introduit sans retard. Nos moniales eurent une petite école, et l'une d' | ||
| + | * Ainsi rétablie dans son intégrité et fortifiée par la piété et la ferveur, la vie religieuse refleurit dans la vallée d' | ||
| + | * Entre l' | ||
| + | * Il est encore un point de la règle de Poncher inobservé à Yerres, pour des motifs qui nous échappent: il a trait au procureur. La règle demandait que celui-ci fut un laïque, possesseur de biens-fonds, | ||
| + | * Ceux-ci demandaient toujours une surveillance attentive de la part de l' | ||
| + | * Au premier rang on trouve toujours les Budé. Dans son désir de réclusion, Marie de Savoisy veut à tout prix, avoir pour ses filles, un enclos fermé, vaste et capable de satisfaire à tous les besoins hygiéniques d'une grande communauté; | ||
| + | * Chose singulière et pour nous presque stupéfiante, | ||
| + | * Terminée ou plutôt simplement suspendue pour quelques années avec Budé, la lutte continuait avec les curés de Drancy, de Brie, d' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Marie de Savoisy nous a laissé plusieurs actes signés de sa main. Son écriture droite et ferme révèle une personne d'un âge jeune encore, et annonce une femme forte, énergique, née pour les grandes entreprises. Le jour où elle quitta Yerres, le monastère présentait déjà l' | ||
| + | * L' | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre XVII. Marie d' | ||
| + | |||
| + | //Abbatiat de Marie d' | ||
| + | |||
| + | * Après le départ de Marie de Savoisy, les religieuses donnèrent la crosse à la prieure du couvent, Marie d' | ||
| + | * Marie était fille de Charles d' | ||
| + | * On la trouve en désaccord avec l' | ||
| + | * Marie de Savoisy avait relevé la maison au point de vue monastique et spirituel; Marie d' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Grâce à ses ressources personnelles et à celles que lui fournissait la manse abbatiale reconstituée peu à peu, elle commença des édifices qui lui parurent sans doute grandioses à elle et à ses compagnes, mais qui en réalité étaient bas, mesquins et sans grand caractère architectural. Il n'en subsiste plus aujourd' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Marie d' | ||
| + | * En dépit des désirs de son abbesse et des Lettres pontificales, | ||
| + | * Les prêtres, locataires des dîmes paroissiales, | ||
| + | * Marie d' | ||
| + | * La dîme du pain de la Maison du roi était encore un de ces vieux usages appelant un réforme et une transformation. Marie d' | ||
| + | * L' | ||
| + | * À peine en charge, elle avait passé par de rudes et pénibles épreuves à l' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Marie de Rapillart, la première, fut chargée des délicates fonctions de maîtresse des novices; on lui adjoignit une maîtresse de chant, et la petite école, pourvue maintenant de deux, puis bientôt de trois maîtresses, | ||
| + | * Sa lourde charge et ses grands travaux n' | ||
| + | * Elle est rangée, et avec raison, au nombre des abbesses triennales, qui ne pouvaient être réélues qu'une ou deux fois, d' | ||
| + | * Ce ne fut qu'au bout de plus de 25 ans qu'on lui éleva un mausolée, sur lequel on grava une inscription fautive presque en toutes ses parties. On y lisait: « Cy gist humble religieuse et dévote Dame, sœur Marie d' | ||
| + | * Cette inscription a exercé la sagacité de plusieurs historiographes, | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre XVIII. Anne de Anne de la Rainville (1537-1541), | ||
| + | |||
| + | //Personnel de l' | ||
| + | |||
| + | * Selon leur coutume, les auteurs du //Gallia// ont, dans leur liste abbatiale, substitué ici un nom à un autre, car ce ne fut pas Marguerite le Grand qui succéda à Marie d' | ||
| + | * D' | ||
| + | * Par la faute du procureur Louis Tartin, nous ne savons que bien peu de choses de cette prélature et des deux suivantes. Certainement Tartin était un employé sûr, habile et dévoué; mais il avait les défauts de ses qualités, et se montrait fort |**198** envahissant. Enfant gâté de la pieuse Mère d' | ||
| + | * Et cependant il y avait comme par le passé des procès à Brie, à Combs-la-Ville, | ||
| + | * Anne de la Rainville était d' | ||
| + | * Sa succession fut recueillie par // | ||
| + | * Profitant de sa longue expérience et de sa connaissance des affaires monastiques, | ||
| + | * L' | ||
| + | * Les deux seuls faits extérieurs se rattachant à la prélature de Marguerite le Grand furent un grand procès soutenu contre l' | ||
| + | * Marguerite le Grand mourut au moment où elle achevait son triennat, le 6 janvier 1544, laissant l' | ||
| + | * Néanmoins les religieuses se réunirent en toute hâte et placèrent à leur tête l'une d' | ||
| + | * La nouvelle abbesse se maintint cependant environ huit mois, pendant lesquels elle n'eut à enregistrer que des deuils. La mort enleva trois ou quatre des religieuses: | ||
| + | * La triennalité des abbesses, l'un des points principaux de la règle de Poncher, venait d' | ||
| + | * Cette triennalité des abbesses avait donc duré à peine 26 ou 27 ans. Elle avait compté en tout cinq titulaires, dont l'une, Marie d' | ||
| + | * La destruction de ce pouvoir abbatial de trois ans seulement fut-il un malheur? Nous ne le pensons pas, tant il était contraire à l' | ||
| + | =====Chapitre XIX. Marie de Pisseleu (1544-1553)===== | ||
| + | |||
| + | //Le roi nomme une abbesse. — Famille et antécédents de Marie de Pisseleu. — Elle est abbesse perpétuelle. — Son caractère; ses procès. — Elle veut détruire l' | ||
| + | |||
| + | * Que s' | ||
| + | * On se souvient du Concordat de 1515, entre le pape Léon X et le roi François Ier . Par ce traité, le monarque avait obtenu le droit de nommer les titulaires de toutes les abbayes du royaume. Ce privilège, le prince ne l' | ||
| + | * Pour Yerres, le roi attendit vingt-huit ans, et laissa faire d' | ||
| + | * Et cependant jamais occasion plus légitime de faire de l' | ||
| + | * Cette première abbesse de nomination royale était picarde d' | ||
| + | * Si les religieuses d' | ||
| + | * Est-ce parce qu' | ||
| + | * Dire pourquoi Marie de Pisseleu, en possession de son titre dès 1543, fut plus d'une année sans venir à Yerres n'est pas chose facile. Quelques difficultés et des retards, imposés à Rome pour l' | ||
| + | * C'est elle-même qui fait passer les baux en sa présence; elle se transporte volontiers dans les endroits où ils doivent être signés; car pour elle, la clôture est un simple vocable sans signification et dont elle n'a cure. Il faut voir, lorsqu' | ||
| + | * Au nombre de ceux qui se défendirent le plus vigoureusement contre Marie de Pisseleu, nous pouvons nommer Jean Beauchesne, curé de Lieusaint. Il n'est plus fermier de l' | ||
| + | * Marie de Pisseleu met encore sa maison en procès avec beaucoup de tenanciers et de particuliers, | ||
| + | * Tant d' | ||
| + | * Heureusement le cloître était bien gardé, et Marie se trompait d' | ||
| + | * Néanmoins toutes ces bonnes volontés réunies n' | ||
| + | * C' | ||
| + | * L'une d' | ||
| + | * En 1547, le charme qui protégeait Marie de Pisseleu se rompit un instant par la mort de François Ier . Mais peu après, Henri II se fit aussi le soutien de celle que son père avait trop protégée. De la, la fin de non-recevoir opposée au jugement rendu par l' | ||
| + | * Malgré cette opposition, Marie de Pisseleu ne rentra jamais à Yerres. Elle conserva néanmoins le titre d' | ||
| + | * Après le départ de Marie de Pisseleu, Sidonie le Picart la prieure eut le titre de vicaire du couvent, et gouverna le monastère avec pleins pouvoirs, en attendant la nomination d'une nouvelle abbesse. | ||
| + | * Sidonie put faire des baux, poursuivre des procès, signer tous les contrats ((**Note d' | ||
| + | * La règle de Poncher exigeait des couvents qui lui étaient soumis, le choix d'un visiteur élu, chargé de prendre la défense et aussi la direction des intérêts temporels et spirituels de la communauté. Nous ne savons si ce point de la règle fut observé à Yerres dès le commencement de la réforme; mais nous trouvons pour la première fois ce visiteur le 12 septembre 1547. Il se nommait frère Jean Goudequin, prieur de Saint-Ladre-lèz-Paris, | ||
| + | * Si le visiteur canonique pouvait à la rigueur être considéré comme partie intégrante de l' | ||
| + | * Entre autres choses, nous y remarquons que le procureur Louis Tartin a disparu, et qu'il est remplacé par Charles Béguyn, prêtre comme son prédécesseur, | ||
| + | * Après six mois de fer et des réclamations véhémentes, | ||
| + | * Sidonie le Picart est d' | ||
| + | * Les ressources nécessaires à l' | ||
| + | * Il reste plusieurs pièces manuscrites de la main de Sidonie le Picart. Son écriture droite, parfaitement formée, comme notre ronde moderne, dénote une femme d' | ||
| + | * Le pouvoir intérimaire de Sidonie cessa en 1553; mais elle garda la charge de prieure, avec la nouvelle administration, | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre XX. Antoinette de Luxembourg (1553-1603)===== | ||
| + | |||
| + | // | ||
| + | |||
| + | * Évidemment on n' | ||
| + | * Nous avons déjà rencontré le nom de la nouvelle abbesse, car elle était, depuis plus de vingt ans, sous le cloître dont elle devenait la supérieure. Née en 1525, Antoinette était fille de Charles de Luxembourg Brienne et de Charlotte d' | ||
| + | * Madame de Luxembourg était digne de gouverner. D'une |**213** piété ferme et éclairée, elle sut demeurer inébranlable dans sa foi, et inattaquable au point de vue des mœurs, dans la vie la plus agitée et les conjonctures les plus délicates qui se puissent imaginer. Car elle eut à faire face, non seulement aux soucis inséparables du gouvernement d'une grande maison, et à la gestion difficile d'un domaine temporel assez étendu et mal réuni, mais encore à des épreuves d'un genre particulier. La fin du XVIe siècle fut agitée par les Guerres de Religion, et les supérieures de communautés eurent à surmonter bien des périls. Tenir dans la paix les jeunes moniales du cloître et lutter contre les obstacles du dehors, tel fut le labeur d' | ||
| + | * Les premières années de, son abbatiat semblent s' | ||
| + | * Mais cette première période de six ou sept ans passée, notre abbesse quitte son cloître, et la voilà sur tous les chemins de Paris et de la France, sollicitant partout une faveur, une exemption, une réparation d' | ||
| + | * Qu' | ||
| + | * Il nous est impossible de suivre Antoinette de Luxembourg |**215** dans ses voyages, qui n' | ||
| + | * Celle-ci avait pris soin, avant de se mettre en route, de pourvoir au bon ordre intérieur de sa maison, aussi bien qu'à l' | ||
| + | * Sidonie le Picart, Marie de Sailly, Étiennette Hodon, Jeanne Viole, sœur ou nièce de l' | ||
| + | * Sous la direction de la prieure et sous le gouvernement de fait exercé par la " | ||
| + | * Il serait fastidieux et sans profit, croyons-nous, | ||
| + | * Malgré les qualités éminentes de Madame de Luxembourg, et son dévouemement à sa maison et à ses sœurs, l' | ||
| + | * 1° La petite école fut supprimée de fait. Par suite des dangers de la guerre, les parents, d'un côté, n' | ||
| + | * Durant son long abbatiat. Madame de Luxembourg fit preuve de qualités éminentes et de vertus exceptionnelles. Sa charité envers les pauvres et les déshérités était si connue, que de tous côtés on faisait appel à sa libéralité, | ||
| + | * Au point de vue administratif, | ||
| + | * Son esprit de conciliation ne put la soustraire à l' | ||
| + | * Enfin Madame de Luxembourg, comme toutes ses devancières, | ||
| + | * Malgré ses qualités, Antoinette de Luxembourg eut aussi ses petites faiblesses, très faciles à relever dans les actes de son gouvernement. Sa piété était profonde, mais elle ne sut |**219** pas se défendre de cet air un peu solennel, hautain et légèrement dédaigneux, | ||
| + | * En vieillissant, | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre XXI. Catherine-Alphonsine Jouvel des Ursins (1604-1636)===== | ||
| + | |||
| + | //Départ de Françoise de Luxembourg. — Madame des Ursins. — Ses travaux. — Terrier du monastère. — Réouverture de l' | ||
| + | |||
| + | * Il est très probable qu'on intrigua pour faire donner la crosse abbatiale d' | ||
| + | * Ce fut // | ||
| + | * Très heureusement douée, Madame des Ursins était d'une piété remarquable, | ||
| + | * Bien que cet abbatiat se soit écoulé au milieu de circonstances particulièrement heureuses et paisibles, Catherine des Ursins n'en connut pas moins les épines, qui naissent sous les roses d'un bon gouvernement. | ||
| + | * La situation matérielle que lui laissait Madame de Luxembourg n' | ||
| + | * Afin de mettre de l' | ||
| + | * La partie épineuse de la tâche confiée à Catherine des Ursins ne vient pas des choses temporelles seulement. Ses soucis, au point de vue monastique, sont de leur côté fort |**224** pesants. Madeleine de Vitel, sa première prieure, l'aide et la soulage autant que possible du poids de son fardeau intérieur. Mais leurs efforts réunis ne sont pas capables de remédier à la pénurie des vocations. Par suite des troubles et des guerres, la petite école a été fermée ou plutôt abandonnée: | ||
| + | * Madame des Ursins présida à de notables changements dans le gouvernement intérieur de son cloître. On sait combien chez nous les décrets du Concile de Trente rencontrèrent d' | ||
| + | * D' | ||
| + | * À ces modifications, | ||
| + | * Mais il faut bien le dire, Rome est loin, sa surveillance est moins étroite, moins personnelle que celle de l' | ||
| + | * Naguère, par Jean Simon et Étienne Poncher, ils l' | ||
| + | * "..... Fut présente et comparut, personnellement, | ||
| + | * Ces titres pompeux avaient au moins l' | ||
| + | * Les contrats des dernières années de Madame des Ursins nomment tantôt 22, tantôt 25, tantôt 30 professes. Une transaction, | ||
| + | * Madame des Ursins avait d' | ||
| + | * Parmi ces hôtes du cloître, il se rencontra un jeune prêtre de talent, dont le nom est assez connu; nous voulons parler d' | ||
| + | * En même temps qu' | ||
| + | * Nous aurons donné la mesure de son activité en rappelant ses nombreux baux du moulin de Masières ((**Note d' | ||
| + | * Dans les dernières années de sa vie, elle se montra trop faible au point de vue de la discipline. Les jours et les heures de parloir furent multipliés avec excès; les moniales disposèrent avec trop de facilité de leurs biens patrimoniaux et des choses à leur usage, au détriment du vœu de pauvreté; les aliments gras furent servis à table tous les jours, à l' | ||
| + | * Malgré ces signes d' | ||
| + | * Nous n' | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre XXII. Claire-Diane d' | ||
| + | |||
| + | // | ||
| + | |||
| + | * Aussitôt après la mort de Madame des Ursins, on put mesurer la profondeur du désarroi dans lequel elle laissait l' | ||
| + | * Claire-Diane d' | ||
| + | * En apprenant cette nomination, douze ou quinze religieuses d' | ||
| + | * Claire d' | ||
| + | * Aussitôt après avoir reconnu cette situation, Madame de Rambouillet résolut d'y porter remède. Elle s' | ||
| + | * Le prélat nous a laissé un mémoire détaillé de cette visite. Il raconte gravement la manière dont il prit son rochet, son camail et dont il porta sa crosse... Après ce préambule, nous apprenons qu'il y avait à l' | ||
| + | * Il revint, au commencement de décembre de la même année, accompagné de deux prêtres, dont l'un s' | ||
| + | * Malgré cette opposition, Philippe Cospeau n'en poursuit pas moins sa mission. Il donne un règlement nouveau, qui n'a rien de bien excessif. Les religieuses jeûneront tous les vendredis de l' | ||
| + | * Ces mesures prises, le prélat quitta l' | ||
| + | * C' | ||
| + | * Tout cela ne constituait pas la prospérité, | ||
| + | * Le recrutement de l' | ||
| + | * Tout marchait à souhait dans la communauté reconstituée par les soins de Claire d' | ||
| + | * Les guerres de la Fronde qu'on a si souvent raillées, et auxquelles on n' | ||
| + | * Rentrée à l' | ||
| + | * Pendant qu' | ||
| + | * À son retour à Paris, l' | ||
| + | * Rentrée à Yerres, Madame de Rambouillet s'y appliqua au gouvernement de sa communauté, | ||
| + | * Chose plus grave encore, dans ses courses à travers le monde, et dans de trop fréquentes visites à l' | ||
| + | * L' | ||
| + | * Au mois de septembre 1661, l' | ||
| + | * Claire d' | ||
| + | * Depuis 1665, Madame de Rambouillet, | ||
| + | * // | ||
| + | * Aussitôt après sa prise de possession, elle fit au roi une déclaration des biens de sa communauté. Comme les précédents, | ||
| + | * Charlotte d' | ||
| + | {{ : | ||
| + | * D' | ||
| + | * Pendant que ces travaux d' | ||
| + | * Quelles étaient donc les affaires si importantes, | ||
| + | * En 1638, Charles de Valois, duc d' | ||
| + | * Nous ne savons par quel artifice légal, le domaine d' | ||
| + | * Voilà Charlotte d' | ||
| + | * À cette occasion, on dressa un mémoire explicatif et justificatif de cette coupable acquisition. Il y est dit que les revenus du domaine sont considérables et faciles à recueillir; que par cet achat, on évite un coûteux procès avec les habitants de Brunoy, au sujet d'un chemin, et d' | ||
| + | * Ce n' | ||
| + | * Madame de Rambouillet emprunta, pour payer ses acquisitions, | ||
| + | * De temps à autre. Madame de Rambouillet se dérobait à ses occupations de Paris, pour venir à l' | ||
| + | * Les affaires d' | ||
| + | * Au milieu de ses préoccupations temporelles, | ||
| + | * Elle fut une véritable apôtre de cette dévotion au Saint-Sacrement. Au cours de ses pérégrinations à Paris, elle se lia d' | ||
| + | * La nouvelle prieure n' | ||
| + | * À Paris, l' | ||
| + | * Parmi les fervents de la dévotion au Saint-Sacrement, | ||
| + | * Toutefois la piété de Madame de Rambouillet ne lui faisait point abandonner ses hautes visées seigneuriales. Il paraît que lors de la première acquisition du domaine d' | ||
| + | * Un homme néfaste servait à Charlotte d' | ||
| + | * Éprise de sa haute dignité, Madame de Rambouillet voulait être exempte de la juridiction épiscopale. En 1682, Louis XIV nomma, on ne sait pourquoi, l' | ||
| + | * Les dernières années de Charlotte d' | ||
| + | * Ces épreuves achevèrent de la briser; elle mourut le 20 mai 1691 après cinquante-trois ans de vie religieuse, et un abbatiat de vingt-un ans accomplis. Son décès n'a pas été inscrit dans les registres de l' | ||
| + | * L' | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre XXIII. Suzanne de Crussol d' | ||
| + | |||
| + | // | ||
| + | |||
| + | * La situation léguée par Charlotte d' | ||
| + | * Un billet du roi, arrivé à Yerres au mois de juin 1691, donnait la crosse à Suzanne, fille de François, duc d' | ||
| + | * Madame d' | ||
| + | * Pour l' | ||
| + | * On sait la misère et les épreuves qui fondirent sur le royaume vers cette époque. La nouvelle abbesse d' | ||
| + | * Hélas! elle-même était sans ressources, et dans la plus affreuse pénurie, car les folles acquisitions faites par Madame de Rambouillet commençaient à porter leurs fruits. L' | ||
| + | * Et la présence des soldats dans l' | ||
| + | * Pour se justifier aux yeux de cette dernière, et pour obéir à un arrêt du conseil d' | ||
| + | * Cette pièce est malheureusement assez peu explicite. Néanmoins, l' | ||
| + | * Courageuse et active, elle se multiplie pour faire face aux nécessités de la situation. Elle écrit lettres sur lettres; aux uns pour se justifier, comme aux membres de sa famille; aux autres pour les faire patienter, comme aux créanciers; | ||
| + | * Cette mesure, sage d' | ||
| + | * On devine aisément si une pareille déconfiture apporta des ennuis à l' | ||
| + | * Et comme si ce n' | ||
| + | * Cette fois, la noble fille des d' | ||
| + | * Louis Tiberge, prêtre et abbé commandataire de Saint-Sauveur d' | ||
| + | * Ces pénibles épreuves n' | ||
| + | * Ce n'est pas tout encore. L' | ||
| + | * Que de fois, au milieu de toutes ces difficultés, | ||
| + | * Mais là, nouvelles difficultés: | ||
| + | * Retenue par cette opposition familiale, l' | ||
| + | * Chose extraordinaire, | ||
| + | * Tout en recrutant avec soin sa maison, Suzanne de Crussol |**258** s' | ||
| + | * Pleine de sollicitude pour la santé de ses filles, elle obtint du cardinal de Noailles d' | ||
| + | * Cette indépendance d' | ||
| + | * Madame d' | ||
| + | * C'est qu' | ||
| + | * Ces petites épreuves locales, jointes à la tristesse ressentie de la mort de sa mère, arrivée le 17 avril 1708, jetèrent Suzanne de Crussol dans une grande angoisse et dans un profond découragement. Elle aimait beaucoup sa mère, qui vécut jusqu' | ||
| + | * Madame d' | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre XXIV. — Marie-Thérèse Desmarets (1709-1761) — Anne-Louise-Marie-Thérèse de Clermont d' | ||
| + | |||
| + | Différence entre l' | ||
| + | |||
| + | * Un billet du roi, daté du 14 août 1709, nomma pour succéder à Madame de Crussol, // | ||
| + | * Aussitôt arrivée à l' | ||
| + | * Sa prise de possession accomplie, la nouvelle abbesse, conseillée par son père, traita avec un fermier général, le sieur Pierre Bornat, bourgeois de Paris, et lui afferma tout le temporel de l' | ||
| + | * D' | ||
| + | * Les décès multipliés et le départ de quelques religieuses, | ||
| + | * Cette charge d' | ||
| + | * Les choses extérieures sont l' | ||
| + | * Sous l' | ||
| + | * En même temps. Madame Desmarets est parvenue à faire diminuer, d'une manière notable, les impôts de sa maison, |**265** au grand scandale des agents du fisc, qui réclament sans cesse des droits multiples, parmi lesquels nous voyons figurer des "dons volontaires", | ||
| + | * Afin de mêler le moins possible ses religieuses aux difficultés de l' | ||
| + | * Malgré la sage administration de Madame Desmarets, le monastère se dépeuple peu à peu. L' | ||
| + | * Cependant tout semblait suivre une marche régulière. À l' | ||
| + | * Madame Desmarets porta la crosse pendant plus de cinquanté ans, et à aucune époque de son histoire, l' | ||
| + | * Cependant dans les dernières années de sa vie. Madame Desmarets vieillie laissa s' | ||
| + | * C'est au milieu de cet affaiblissement général de la vie commune, que Madame Desmarets mourut le 5 janvier 1761, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, huit mois et quelques jours, après un abbatiat qui avait duré cinquante-et-un ans. Elle fut enterrée dans le chœur de l' | ||
| + | * Vingt jours après la sépulture de Madame Desmarets, c' | ||
| + | * Le premier acte de sa prélature est un bail de la ferme de Sénart, fait à Louis Gilbon et à Marie Chaise, sa femme, pour la somme de 200 livres. Signé au mois de décembre 1761, il contient les noms de Marie Pilon, prieure, Geneviève Petit de Logny, souprieure, des deux sœurs Huet, de Catherine Beaussire, Anne Bouillier, Jeanne Liber, Élisabeth Godescar de Lille, Anne Josse, Marie de Sanguin, Marie de Combes, Marie la Planche, Marie Glorieux et Marie Pauquerant, en tout seize professes. Si on y joint les novices et les converses, on devine que la communauté ne comptait pas en tout plus de vingt ou vingt-cinq religieuses, | ||
| + | * L' | ||
| + | * Ardente aussi fut la lutte avec M. de Moras, seigneur de Grosbois, pour l' | ||
| + | * Nouette avait de l' | ||
| + | * Ce bail, contre lequel l' | ||
| + | * Comment expliquer ce résultat? Car enfin le prix de 43.000 livres semble assez élevé, si on le compare aux chiffres anciens déjà cités. Certaines clauses du contrat n' | ||
| + | * Une autre cause de la ruine, et peut-être la véritable, nous semble avoir été la négligence et l' | ||
| + | * Madame de Clermont ne fit rien pour arrêter ces abus, elle les favorisa au contraire et les développa outre mesure. Les membres de sa nombreuse famille étaient sans cesse à l' | ||
| + | * Nos Bénédictines ne se recrutaient plus guère dans la haute aristocratie, | ||
| + | * Ce furent, croyons-nous, | ||
| + | |||
| + | =====Chapitre XXV. Thérèse-Angélique de Pasquier de Franclieu (1770-1792)===== | ||
| + | |||
| + | //Situation à l' | ||
| + | |||
| + | * Dès le 3 avril de la même année, // | ||
| + | * Cette nouvelle titulaire, née le 2 octobre 1730, avait par conséquent 40 ans, lorsqu' | ||
| + | * En face de cet affligeant état, Madame de Franclieu ne se décourage pas cependant. Elle s' | ||
| + | * Ces mémoires un peu diffus sont néanmoins fort instructifs, | ||
| + | * Madame de Franclieu ne se montre pas tendre pour la gestion de sa devancière. Elle écrit: "Par une de ces suites trop ordinaires aux administrations, | ||
| + | * La communauté est grevée d'une infinité de dettes criardes, montant à plus de 25.000 livres. " | ||
| + | * Mais le bail était si bien fait que malgré tous ces motifs invoqués, Sa Majesté ne crut pas devoir le casser. Cependant grâce à des circonstances que nous ignorons, le fermier consentit |**276** à un arrangement, | ||
| + | * Cette affaire terminée, l' | ||
| + | * M. Mévil, avec sa légèreté ordinaire, a cru devoir faire honneur de cet inventaire au Bénédictin D. Grenier. Voici en effet ce qu'il dit dans sa brochure: | ||
| + | * "La dernière abbesse d' | ||
| + | * Il est probable que D. Grenier ne mit jamais les pieds à l' | ||
| + | * En faisant son travail, le Père Véronneau eut la malheureuse idée de supprimer un certain nombre de pièces, de nature selon lui, à faire scandale. Tout ce qui se rapportait à Jeanne de Rauville, dont il s' | ||
| + | * Madame de Franclieu s' | ||
| + | * Cependant le Père Véronneau n' | ||
| + | * Madame de Franclieu ne se bornait pas à faire écrire et à |**279** écrire elle-même des mémoires sur le passé de sa maison, elle en gouvernait les intérêts présents avec soin: témoins, les nombreux baux qu' | ||
| + | * Malgré ses qualités éminentes, au point de vue administratif, | ||
| + | * Angélique de Franclieu a aussi continué les errements de Madame de Clermont sous un autre rapport: celui des visites fréquentes et prolongées de personnes étrangères à l' | ||
| + | * Et pour nourrir toutes ces bouches affamées, que ne fait-on pas? La basse-cour de la maison, bien fournie cependant, est insuffisante: | ||
| + | * Les revenus de la mense abbatiale continuaient d' | ||
| + | * Toutefois Madame de Franclieu avait poursuivi avec un louable esprit de suite son projet de réorganisation totale du monastère. Entre 1780 et 1791, des, travaux de maçonnerie assez importants, furent entrepris, pour consolider de vieux bâtiments et faire disparaître d' | ||
| + | * Ceci amena le déplacement du cimetière. Les sépultures dans l' | ||
| + | * La fin de 1790 et toute l' | ||
| + | * Nous n' | ||
| + | * Les administrateurs: | ||
| + | * Aussitôt que les dernières Bénédictines eurent quitté le cloître; sur l' | ||
| + | * Boursault s'y rattrapa un plus tard, en achetant, le 2 messidor an VII (20 juin 1799) le moulin de Masières, pour la modique somme de 1.200.000 livres en assignats. Il avait la ferme intention de ne jamais verser un centime; mais comme la Nation devenait de plus en généreuse, | ||
| + | * Quant au monastère, il attendit moins longtemps. | ||
| + | * Le 31 mai 1793 " | ||
| + | * Il n'y avait plus d' | ||
| + | |||
| + | ---- | ||
| + | ====LISTE DES ABBESSES D' | ||
| + | |||
| + | |||
| + | * 1. Hildearde de Senlis (1132-1155) | ||
| + | * 2. Clémence Loup (1155-1180) | ||
| + | * 3. Ève (1180-1210) | ||
| + | * 4. Eustachie Dulers (1210-1226) | ||
| + | * 5. Aveline (1226-1244) | ||
| + | * 6. Ermengarde (1245-1254) | ||
| + | * 7. Eustachie d' | ||
| + | * 8. Isabelle (1261-1267) | ||
| + | * 9. Marguerite Ière (1267-1274) | ||
| + | * 10. Jeanne Ière (1274-1280) | ||
| + | * 11. Agnès de Brétigny (1280-1299) | ||
| + | * 12. Élisabeth (1300-1341) | ||
| + | * 13. Marguerite de Courtenay (1341-1342) | ||
| + | * 14. Agnès de Brie (1312-1317) | ||
| + | * 15. Clémence des Grèz (1318-1332) | ||
| + | * 16. Élisabeth de Versailles (1332-1338) | ||
| + | * 17. Agnès de Courciaux (1338-1349) | ||
| + | * 18. Agnès de Chartrettes (1349-1360) | ||
| + | * 19. Pétronille de Mackau (1360-1394) | ||
| + | * 20. Marguerite des Chênes (1394-1406) | ||
| + | * 21. Jeanne la Pastée (1406-1407) | ||
| + | * 22. Marguerite IV (1407-1427) | ||
| + | * 23. Marguerite V (1427-1430) | ||
| + | * 24. Marguerite de Montaglant (1430) | ||
| + | * 25. Marguerite des Guaculs (1430-1436) | ||
| + | * 26. Huguette de Chacy (1436-1450) | ||
| + | * 27. Guillemette le Camus (1450-1459) | ||
| + | * 28. Marguerite d' | ||
| + | * 29. Jeanne de Rauville (1460-1487) |**286** | ||
| + | * 30. Jeanne Allegrin (1488-1513) | ||
| + | * 31. Guillemette Allegrin (1513-1516) | ||
| + | |||
| + | **ABBESSES TRIENNALES** | ||
| + | |||
| + | * 32. Marie de Savoisy (1517-1520) | ||
| + | * 33. Marguerite d' | ||
| + | * 34. Anne de la Rainville (1537-1541) | ||
| + | * 35. Marguerite le Grand (1541-1544) | ||
| + | * 36. Étiennette de Guaigny (1544) | ||
| + | |||
| + | **ABBESSES PERPÉTUELLES DE NOMINATION ROYALE** | ||
| + | |||
| + | * 37. Marie de Pisseleu (1544-1553) | ||
| + | * 38. Antoinette de Luxembourg (1553-1603) | ||
| + | * 39. Catherine-Alphonsine Jouvenel des Ursins (1604-1636) | ||
| + | * 40. Claire-Diane d' | ||
| + | * 41. Catherine-Charlotte d' | ||
| + | * 42. Suzanne de Crussol d' | ||
| + | * 43. Marie-Thérèse Desmarets (1709-1761) | ||
| + | * 44. Anne-Louise-Marie-Thérèse de Clermont d' | ||
| + | * 45. Thérèse-Angélique de Pasquier de Franclieu (1770-1792) | ||
| + | |||
| + | ---- | ||
| + | |||
| + | ====TABLE DES MATIÈRES==== | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE PREMIER | ||
| + | |||
| + | * Origine de l' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE II | ||
| + | |||
| + | * Clémence Loup ou le Loup. — Construction du cloître. — Les moniales. — Recrutement et organisation. — Vie des religieuses. — La chèvecerie de Notre-Dame de Paris. — Nombreuses aumônes. — Privilèges accordés par le pape. — Les familles de Corbeil, Briard et de Garlande. — Hugues le Loup. — Saint-Pierre de Tarentaise. — Maurice de Sully. — Son dévouement à l' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE III | ||
| + | |||
| + | * Élection et bénédiction de l' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE IV | ||
| + | |||
| + | * La communauté est gouvernée par le chapitre. — Pierre de Nemours. — Les donateurs. — Noms de quelques religieuses du XIIIe siècle. — Les aumôniers ou chapelains. — Les seigneurs d' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE V | ||
| + | |||
| + | * Dix religieuses nommées Aveline. — L' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE VI | ||
| + | |||
| + | * Modifications importantes: | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE VII | ||
| + | |||
| + | * Origine d' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE VIII | ||
| + | |||
| + | * Charité de l' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE IX | ||
| + | |||
| + | * La justice. — Abbatiat d' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE X | ||
| + | |||
| + | * Origine de Clémence des Grez. — Le nom d'// | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE XI | ||
| + | |||
| + | * La guerre de Cent-Ans. — Difficultés administratives. — Le pain du roi. — Testament de Marguerite de Courtenay. — La famille de Mackau, — Pétronille prête serment |**290** à l' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE XII | ||
| + | |||
| + | * Erreurs dans la liste des abbesses. — Ruines de la ferme de Herces. — De nombreux paysans se réfugient à l' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE XIII | ||
| + | |||
| + | * Succession des abbesses du XVe siècle. — La dernière abbesse élue. — Destruction de la communauté. — Gouvernement d' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE XIV | ||
| + | |||
| + | * Origine et heureux commencements de Jeanne de Rauville. — Renvoi des religieux Augustins. — Gentilshommes pauvres. — Ferme de Sénart. — Baux emphytéotiques. — Mesnil-Racoin. — Cantien Beaujon. — Procès. — La cure de Villiers en Beauce. — Jean Budé. — Prétentions sur Gif et Saint-Remy de Senlis. — Isabelle de Brindesalle. — Ses engagements en se rendant à Senlis. — Indigne conduite de Jeanne de Rauville. — Elle est chassée d' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE XV | ||
| + | |||
| + | * Le Pape nomme une abbesse. — Famille et antécédents de Jeanne Allegrin. — Rescision des baux mphytéotiques. — Nombre et noms des moniales en 1494. — La Chèvecerie. — Lutte avec Dreux Budé. — Les dîmes des paroisses. — Les droits de justice. — Prétentions sur Gif et Saint-Remy de Senlis. — Le monastère est restauré. — La prière et les offices. — Nouvelles aumônes. — Dernières années de Jeanne Allegrin. — Sa mort. — Élection de Guillemette Allegrin. — La dîme, son impopularité. — Étienne Poncher et la réforme. — Difficultés à cette occasion. — Guillemette Allegrin donne sa démission. — Elle devient abbesse triennale de Malnoue (p.165) | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE XVI | ||
| + | |||
| + | * La triennalité. — Marie de Savoisy et Louise de la Baume. — Nombre et noms des professes. — Clôture. — Pierre Touzel. — Observance du XVIe siècle. — Le procureur. — Les frères Budé. — Les curés. — Les chanoines de Notre-Dame à Paris. — Départ de Marie de Savoisy (p.183) | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE XVII | ||
| + | |||
| + | * Abbatiat de Marie d' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE XVIII | ||
| + | |||
| + | * Personnel de l' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE XIX | ||
| + | |||
| + | * Le roi nomme une abbesse. — Famille et antécédents de Marie de Pisseleu. — Elle est abbesse perpétuelle. — Son caractère; ses procès. — Elle veut détruire l' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE XX | ||
| + | |||
| + | * Nomination de Madame de Luxembourg. — Son caractère. — Premières années de sa prélature. — Ses voyages: leur explication, | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE XXI | ||
| + | |||
| + | * Départ de Françoise de Luxembourg. — Madame des Ursins. — Ses travaux. — Terrier du monastère. — Réouverture de l' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE XXII | ||
| + | |||
| + | * Nomination de Claire d' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE XXIII | ||
| + | |||
| + | * Nomination et bénédiction de Madame d' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE XXIV | ||
| + | |||
| + | * Différence entre l' | ||
| + | |||
| + | CHAPITRE XXV | ||
| + | |||
| + | * Situation au moment de l' | ||
| + | |||
| + | ---- | ||
| + | |||
| + | ====TABLE DES NOMS DE PERSONNES==== | ||
| + | |||
| + | |||
| + | * **A.** | ||
| + | * Aalès, 52. — Aalie, 45. — Aalips, 116. — Aalis, 117. — Abailard, 1. — Adélaïde, 39. — Adeline, femme de Hugues Loup, 24, 26, 31. — Adeline, religieuse, 28, 35. — Adrien IV, 21, 22, 24. — Agnès de Pontoise, 45. — Agnès, abbesse de Villiers, 67. — Agnès, abbesse de Saint-Paul, à Beauvais, 102, 130. — Agnès, prieure, 150. — Agnès, propriétaire du moulin de Mazières, 95. — Agnès III, Voyez // | ||
| + | * **B.** | ||
| + | * Babille, 269. — Bac (Arnoul du), 149. — Badon (François), | ||
| + | |||
| + | * **C.** | ||
| + | * Calvin, 170. — Cambon (Claude), 181. — Camus (Guillemette le), abbesse, 147, 148, 149, 150, 151, 170. — Camus (M. le), 245, 247, 253, 255, 264. — Capel (Denis), 144, 146. |**299** — Carcassonne, | ||
| + | |||
| + | * **D.** | ||
| + | |||
| + | * Dager (Louis), 252. — Oalbonne (Anceline la), 81. — Dampierre (Catherine de), 183. — Darrion (Payen), 27. — Dauphin, 281. — Dautrée (Antoinette), | ||
| + | |||
| + | * **E.** | ||
| + | |||
| + | * Édeline, femme de Pierre de Gircy, 63. — Edmont, 281. — Égreneul (Pierre d'), 46. — Égreneul (Renaud d'), 46. — Élisabeth, abbesse, 100, 102. — Élisabeth prieure, 84. — Élisabeth femme de Philippe de Brunoy, 58. — Ellecourt (Robert de), 208. — Émeline, 41, 42. — Émeline autre, 114. — Engarrant (Guillaume), | ||
| + | |||
| + | * **F** | ||
| + | |||
| + | * Fanie, 45. — Favier (Pierre), 172. — Ferbois (Judith de), 219. — Ferdane (Guillaume), | ||
| + | |||
| + | * **G.** | ||
| + | |||
| + | * Gabrat, 281. — Gaignières, | ||
| + | |||
| + | * **H.** | ||
| + | |||
| + | * Hadvise, 6. — Hallenville ou Hermanville (Jeanne de), 159. — Hallon (André de), 216. — Halvide, 9. — Hangest (de), 154, 155, 167. — Hangest (Gervaise de), 154, 158. — Hangest (Guillaume de), 96. — Harlay (Achille de), 253, 255, 256. — Harlay (Monseigneur de), 243, 247, 250. — Harlay (Marie de), 215, 217. — Hasselin (Louise), 183. — Hautroux, 251. — Hautvilliers (Nicolas de), 63. — Hébart (Jean), 187. — Hélisande, religieuse, 79. — Héloïse, 1. — Héloïse, femme d'Adam du Bois, 49, 61. — Hémart (Jean), 134. — Hénault (Claude), 252. — Hénaut (Jean), 216. — Hennequin (J.-B.), 267. — Henri II, 207. — Henri IV, 222, 223. — Herces ou Haitus (Jean de), 113, 114, 115. — Hermende, 75. — Hesdin (Jean), 168. — Hildearde, abbesse, 4, 6, 9, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 20, 32, 33, 96, 158. — Hodent (Michel de), 224. — Hodon (Etiennette), | ||
| + | |||
| + | * **I.** | ||
| + | |||
| + | * Ifémie, 49. — Igny (Guérin d'), 45. — Imberti, 278. — Innocent II, 12, 22. — Innocent III, 39, 40, 41, 50. — Innocent IV, 70. — Innocent VIII, 167. — Innocent XIII, 262. — Isabeau de Senlis, 41. — Isabeau, prieure, 20. — Isabelle, abbesse , 73, 75, 76, 77, 78, 80, 83. — Isabelle, prieure , 227. — Isembard, abbé, 20. — Ivise, 28. | ||
| + | |||
| + | * **J.** | ||
| + | |||
| + | * Jacqueline, 114. — Jameline, 34. — James (Michel), 157. — Jean, neveu de Maurice de Sully, 27. — Jean, vicomte de Méréville, | ||
| + | |||
| + | * **L.** | ||
| + | |||
| + | * La Barré, 4. — Labelle (Louis), 159. — Ladmirault (J.-B.), 268. — Lafille (Nicolas), 259, 263. — Lagarde (Louis), 268. — Lagny (Adeline de), 7. — Lagny (Agnès de), 7. — Lagny (Marguerite de), 7. — Lagny (Pierre de), 7. — Lagny (Raoul de), 7. — Lamballe (Alain de), 107. — Lambert, 25. — Lamy, 256. — Lanclet (Augustine), | ||
| + | |||
| + | * **M.** | ||
| + | |||
| + | * Mabille, 23. — Mabillon, 88, 259. — Mabre (Roger de), 126. — Macé (Claude), 247. — Machiel (Jean de), 135. — Mackau (Clémence de), 123. — Mackau (Juste de), 123. — Mackau (Pierre de), 122. — Mackau (Pétronille de), abbesse, 122, 123, 124, 125, 126, 127, 128, 129, 130, 131, 132. — Machau (Pétronille de), autre, 123. — Magnanville (Briçonnet de), 253. — Maintenon (Madame de), 255. — Maire (André), 68. — Maire (Guillaume le), 167. — Maire (Jean le), 167. — Maistre (Charlotte le), 165. — Malet (Aisel), 115. — Malet (Pierre), 115. — Maillard de Frontond (François), | ||
| + | |||
| + | * **N.** | ||
| + | |||
| + | * Nangeville (Guillaume de), 74. — Nangeville (Thibault de), 74. — Navarre (Jeanne de), 100. — Nemours (Pierre de), 42, 44, 45, 48. — Nicolaï, 253. — Nicolas, curé, 59. — Nicolas (Joseph), 268. — Nicole, dame de Crosne, 79. — Nivart, 96. — Noailles (de), 258, 259. — Nolet, 253. — Normant (Godefroy), 78. — Normant (Jehan le), 156. — Nouette, 268, 269. — Noyen (Jean de), 63, 79. — Noyen (Philippe de), 63. — Noyers (Guy des), 29. | ||
| + | |||
| + | * **O.** | ||
| + | |||
| + | * Odeline, prieur, 37, 90. — Odon, prieur de Saint-Martin, | ||
| + | |||
| + | * **P.** | ||
| + | |||
| + | * Paguine (Etiennette la), 169,173. — Palaminy, 280. — Paner (Jean), 45. — Paner (Pierre), 45. — Panier (Adam), 67. — Panier (Guillaume), | ||
| + | 137, 139. — Pasté (Marie la), 137. — Patonat (Nicolas), 68. — Pauquerant (Marie), 268. — Pelletier (Gabriel le), 194. — Penniz (Simon de), 13. — Péréfixe (Hardouin de), 237. — Périer (Louis), 235. — Perray (Gilbert du), 28. — Petit, converse , 281. — Petit (Jean), 217. — Petit (Martin), 217. — Pétronille, | ||
| + | Picart (Marie le), 268. — Picart (Sidonie le), 180, 183, 184, 205, 206, 207, 209, 210, 211, 215, 220. — Picart de Platteville (Catherine le), 170. — Pichon (Pierre), 149. — Pie (Roger la), 31, 46, 47. — Pie (Jeanne la), 31. — Piédur (Jean), 138. — Pienne (de), 253. — Pierre, frère, procureur, 13. — Pierre curé d' | ||
| + | Poirot, Voyez Ogeron. — Poitrine (Mathieu), 68. — Pomponne (Isabeau de), 31. — Pomponne (Isabelle de), 81. — | ||
| + | Pomponne (Jean de), 120. — Poncher (Étienne), 176, 177, 178, 179, 180, 181, 184, 187, 226. — Poncher (François de), 187, 192. — Poncion (Pierre), 145. — Pontoise (Agnès de), 45. — Pontonoir (Jean), 51. — Porte (Hecelin de la), 28. — Porte (Thierry de la), 68. — Pougel (de), 181. — Poule (Symon), 150. — Puille (Fouquet de), 154, 156. — Puiselet (Hugues de), 62. — Prat (Marie du), 183. — Prégny (Jean de), 120. — Prod' | ||
| + | |||
| + | * **Q.** | ||
| + | |||
| + | * Queue (Martin de la), 208. | ||
| + | |||
| + | * **R.** | ||
| + | |||
| + | * Rabure (Pierre), 247. — Raimond, 94. — Rainville (Anne de la), abbesse, 183, 197, 198. — Rambouillet (Catherine-Charlotte d' | ||
| + | Ruffin, 157. — Ruymond (Pierre de), 156, 157, 159, 160, 162. | ||
| + | |||
| + | * **S.** | ||
| + | |||
| + | * Sadier, 238. — Saget (Michel), 173. — Sainteburge, | ||
| + | |||
| + | * **T.** | ||
| + | |||
| + | * Tachereau (Louise), 228. — Tade (Nicolas), 20. — Tallemar (Françoise de), 199. — Tartin (Louis), 185, 191, 197, 209. — Tempier (Étienne), 81, 93. — Téo, 7. — Tessier, 274. — Thiais (Jean de), 58. — Thibault, curé, 40. — Thibaut, évêque, 14, 20. — Thibaut fils de Fanie d' | ||
| + | |||
| + | * **U.** | ||
| + | |||
| + | * Ursins (Anne des), 221. — Ursins (Christophe des), 221. — Ursins (Catherine des), abbesse, 219, 221, 222, 223, 224, 225, 226, 227, 228, 229, 230, 237, 240. — Uzès (François d'), 250. — Uzès (Suzanne de Crussol d'), abbesse, 250 , 251, 252, 253, 254, 255, 256, 257, 258, 259, 230, 261, 262. | ||
| + | |||
| + | * **V.** | ||
| + | * Vacher, 181. — Vagnard (Anne), 259. — Vaillant (J.-B.), 279. |**313** — Val (du), 232. — Valaine (Marguerite la), 121. — Valenton (Albéric de), 8. — Valenton (Éremburge de), 8. — Valenton (Helvide de). 8. — Valenton (Hugues de), 8. — Vallès (Madeleine de), 227. — Valois (Charles de), 243. — Vaninier (Thomas), 268. — Varin (Fréuiinot), | ||
| + | |||
| + | * **W.** | ||
| + | |||
| + | * Wibourg (Jean de), 172. | ||
| + | |||
| + | * **Y.** | ||
| + | |||
| + | * Yerres (Clémence d'), 110. — Yerres (Robert d'), 58. — Yerres (Guillaume d'), 47. — Yerres (Guillemette d'), 410. — Yerres (Hugues d'), 9. — Yerres (Jean d'), 60, 61. — Yerres (Marguerite d'), 103. — Yerres (Thierry d'), 47. — Ysabelle, abbesse, 100. — Ysabelle, femme de Guillaume de Manchecourt, | ||
| + | |||
| + | ---- | ||
| + | |||
| + | ÉTAMPES. — IMP. HUMBERT-DKOZ. | ||
| + | |||
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